PMA & Allaitement ou comment sevrer un Nano en trois jours …

Alors promis, c’est la dernière fois que je te gonfle avec mes boobs. Avant le prochain MiniNano (si si, on y croit). Mais je pense que ça peut aider certaines pmettes allaitantes d’avoir quelques infos, j’ai eu bien du mal à en trouver quand je me suis retrouvée dans cette situation.

Quand s’est posé la question de la reprise précoce de la PMA à cause de ma réserve ovarienne de mamie, Nano avait 9 mois, et une des premières questions que je me suis posée, c’est « oui mais l’allaitement dans tout ça ?? »

Ben oui, après avoir contourné les obstacles multiples de la première année, crevasses, candidose, tire-allaitement au boulot, et chutes de lactation inquiétantes, c’est avec bonheur que j’ai découvert les joies de l’allaitement « long » , avec lactation automatique adaptée au petit père, sans fuite ni engorgement, sans bobo ni tirage intempestif (vive la diversification). L’allaitement d’un grand bébé, ce lien si spécial, cette complicité si présente. Ces moments de douceur dans le calme de la nuit, les tétées de retrouvaille si urgentes sur le parking de la crèche, les tétées réconfort quand les petites dents font leur chemin douloureusement, celles du matin à peine éveillés, celles qui soulagent les oreilles dans l’avion. Celles pour rire et jouer. Et tant d’autres… Cette façon de materner et d’accompagner son bébé en douceur dans les différentes étapes de sa vie de tout petit garçon.

Bref, ce qui me semblait bizarre, farfelu et un peu hippie voire même carrément malsain, est devenu une évidence progressivement. Je voulais continuer ces doux moments jusqu’au sevrage naturel. Pourquoi arrêter un allaitement facile, sans contraintes, qui nous rend heureux tous les trois, alors que le lait maternel reste parfaitement adapté et recommandé pendant plusieurs années ? Dans plein d’autres pays, allaiter un enfant de deux ans et plus est tout ce qu’il y a de plus normal, et les petits bouts allaités longtemps sont tout aussi autonomes que les autres, voire plus, et très sécurisés par ce lien si fort persistant avec leur maman. Donc RAB de l’avis général, j’ai commencé à rêver allaitement long, me suis renseignée sur l’allaitement pendant la grossesse, qui aboutit le plus souvent au sevrage naturel par manque de lait, et ai même lu quelques témoignages de co-allaitement, chose qui me semblait impossible lorsque je considérais les allaitantes de plus de six mois comme des acharnées du boob. Évidemment, il n’était pas question de sortir mes seins dans le métro à tout heure, mais de garder juste les tétées du matin et du soir dans l’intimité de notre maison, j’ai encore du mal avec l’allaitement des grands en public (pas taper pas taper).

Avec la reprise de la PMA, il a fallu se poser la question des trois effets possiblement indésirables de l’association des deux :

  • Les effets des médicaments sur le Nano. Pour ça, un site top, leCrat, qui recense toutes les données sur tous les médicaments pendant l’allaitement.  La plupart des médicaments utilisés en PMA sont en fait des grosses molécules qui ne passent pas dans le lait maternel. D’autres produits notamment anesthésie générale si FIV justifient une pause ou un tirage pendant quelques jours. Quelques traitements sont contre indiqués complètement et justifient un sevrage préalable. De mon côté le Gonal, l’Ovitrelle, le Speciafoldine et l’Utrogestan ne posent aucun soucis. Ce qui fut confirmé par ma gynéco.
  • Les effets des médicaments sur l’allaitement : Officiellement, risque de chute de lactation, que j’ai pu expérimenter, mais de façon modérée, avec nécessité de rajouter des bibs au tétées le soir. Moi, ce que j’ai trouvé difficile, c’est la sensibilité et la fragilité que cela a entraîné, avec l’apparition de f*cking fissurations de la base du mamelon, qui ont cicatrisé difficilement. Argh. J’avais lu ça nulle part, mais chez moi ça a été On-Off avec l’Utrodégueu.
  • Les effets de l’allaitement sur la réussite de la stim/IAC/FIV. Sur ce point capital, les données sont peu nombreuses. Beaucoup de gynéco sont contre par principe. Pas la mienne, qui s’est bien renseignée sur le sujet. Ce que j’avais lu, et qui m’avait été confirmé, c’est qu’à condition de limiter les tétées à moins de trois par jour et d’avoir un taux de prolactine normal et des cycles réguliers, il n’y avait aucune raison que cela ait le moindre effet.

Donc avec tous ces éléments, j’ai bien diminué à deux tétées par jour, matin et soir, globalement bien accepté par le Nano, et de toutes façons obligatoire vu les fissures. Et puis ma prolactine était encore plus basse qu’avant la PMA de toutes façons

Donc pas de soucis, voyants au vert, on a foncé en IAC.

Et puis il y a eu cette réponse de marde à la stim. Deux fois. Expliquée de façon claire par l’IOP.

Mais quand même, cette petite question qui a fini par se poser dans un coin de ma tête. Et si l’allaitement avait un effet quand même négatif sur mes ovaires ? Des données sur IOP/PMA/Allaitement, il n’y en a aucune dans la littérature médicale (en même temps 3% d’allaitement > 1 an en France et IOP 1%, ça limite les cas comme moi). Les témoignages googlisées sur les filles qui ont cumulé stim/allaitement avec succès sont plutôt rares sur la toile, et ne concernaient que des filles avec des infertilités « light » qui étaient sous Clomid seul, ou des couples avec infertilité masculine. Quelques OPKettes. Quelques témoignages de réponses moins bonnes aux stims que pour PMA1 ou de FIV négatives. Chez des filles passées de 40 à 43 ans, donc difficile d’incriminer la lactation seule. Mais quand même…

Du coup, j’ai écrit un mail aux gens qui s’y connaissent. Au Dr Thirion elle-même, star de l’allaitement en France. A la LLL. A Lactissima. Trois réponses me sont parvenues dans les 24h. Toutes de conclure que oui, ça pouvait jouer, que c’était peu probable à une ou deux tétées par jour, mais que de continuer même de façon occasionnelle pouvait avoir un effet négatif sur mes ovulations. Sans certitude.

Bref, avec cette arrière-pensée, impossible de continuer à « gâcher » mes tentatives de PMA en prenant ce risque même infime. Donc bye bye l’allaitement long, bonjour le sevrage.

Vint ensuite la question du timing de ce sevrage. Il fallait trouver un moment où Nano n’était pas malade, faisait ses nuits, était plutôt cool, avant qu’il marche parce qu’après phase crampon = sevrage tendu. Un moment loin d’un déménagement ou autre mini traumatisme de bébé. Un moment si possible avec des vacances pour accompagner cette période un peu difficile pour le lutin. Ce moment, c’était là, maintenant tout de suite. Déménagement prévu dans un mois, poussin en pleine forme, cool et adorable, déjà sevré de ses tétées de jour et de nuit.

Je sais que ça peut paraître bête, un problème de riche, ou de fusion mal réglée. Mais renoncer brutalement à ces moments si privilégiés, si doux, sans anticipation, en abandonnant notre projet de sevrage naturel … Lui donner des bibs de lait de vache alors qu’il sort de deux otites (apparues depuis la diminution à deux tétées par jour …) et qu’on est en plein hiver. Alors qu’il sait maintenant dire « Tété ! » avec un immense sourire quand il sait que c’est le moment… Que c’était devenu si chouette et si facile…

Eh ben ça a piqué. Mais genre, carrément piqué. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps pendant toute la semaine, et je me réveille encore toutes les nuits sans me rendormir. Je suis furax contre mes ovaires qui gâchent toujours tout. Qui refusent de me laisser tranquille, même pour ça. Pour une fois qu’un truc fonctionnait vraiment bien. .

Après trois jours à ne donner le sein plus que le matin, j’ai décidé de donner sa dernière tétée à Nano vendredi soir, dans le noir, pour profiter de ce dernier moment tout doux et parce que retarder l’échéance n’en était que trop douloureux. Je lui ai expliqué qu’il ne pourrait plus téter maintenant, qu’il était grand, mais qu’il aurait des bibs et plein de câlins. Avant de fondre en larmes et de pleurer comme une madeleine pendant des heures. Une vraie fontaine. Sous utro en dpo, ce qui n’aide pas clairement.

La bonne nouvelle, c’est que Nano a été un amour, et accepte le sevrage sans trop de difficultés. Je lui donne ses bibs, et après avoir réclamé deux trois fois avec une petite moue tristounette, il se contente de demander des siestes en porte bébé (Oui, Nano aime le portage physio depuis trois mois, youpi !) et une triple dose de câlins. Que je lui donne avec plaisir.

Et puis, on profite de ces jolis moments des fêtes tous les trois. On fait de la musique ensemble, il danse, chante et fait des percussions sur la table basse pendant que je pianote. Il dit plein de mini mots, et se tient debout tout seul, les premiers pas ne sont plus loin ! Il est de plus en plus espiègle et nous propose des parties de course poursuite à 4 pattes dans tout l’appart… Un chouette bébé.

Bref, Nano a eu sa dernière tétée, Choubidou nous chouchoute tous les deux, et moi je profite de ma poitrine XXL de bombasse le temps que tout cela se régule et que le lait s’en aille. Avec bien les boules quand même.

 

Autre parcours, autre vécu (ou pas?) + EDIT

Mettre des mots sur ce deuxième parcours pmesque n’est pas évident.

Initialement, je ressentais beaucoup de sentiments négatifs.

Colère de devoir me replonger dans ce parcours si anxiogène, si tôt, à cause de cette IOP qui s’est aggravée biologiquement. Sans y croire vraiment.

Fâchée de ne pas pouvoir profiter tranquillement de mon Nano si attendu jusqu’à ce que l’envie d’un 2e apparaisse.

Triste de devoir sevrer brutalement l’allaitement à la demande de mon serial téteur alors que ni lui ni moi n’étions prêts, juste avant l’hiver (il reste une ou deux mini tétées câlins par jour, mais sans lait ou presque, et avec des seins fragilisés et fissurés par la stim). Et de constater que depuis le quasi sevrage de Nano, il a cumulé deux rhumes, un syndrome grippal et deux otites purulentes (en 1 mois et demi). Lien impossible à établir mais quand même.

Culpabilité aussi, de ne pas nous contenter du bonheur immense d’être parents d’un si chouette petit bout, et de lui imposer les conséquences de nos rêves de famille nombreuse.

Bref, grosse ambiance chez les kangourous.

Clairement on n’était pas prêts à se relancer, avec le Nano qui se réveillait encore deux fois par nuit, le boulot de folie de cette dernière année universitaire, le déménagement et les démarches qui vont avec, la boîte de Choubidou qui peine à décoller et dont le chiffre permet à peine de payer les charges patronales (qui a dit que les chefs d’entreprise étaient des nantis ?). Ce n’était pas le moment pour un numéro 2.

Bref, on a hésité à se lancer, vraiment. Et puis on a regardé notre poussin à 4 pattes en train de courser les chats avec ses yeux qui brillaient, et on s’est dit qu’il lui fallait absolument un compagnon de jeux plus coopérant que nos vieux matous récalcitrants. Et que laisser mes ovaires de marde prendre un coup de vieux supplémentaire juste parce qu’on n’est pas des super héros ne serait pas une solution qu’on assumerait par la suite. Surtout vu le regard inquiet de ma gynéco si optimiste habituellement lorsqu’elle avait prit connaissance de mes résultats d’AMH et d’écho. Qui nous a quand même dit qu’il fallait foncer.

Donc on a mis nos capes de super héros, caché nos cernes de jeunes parents et on a repris la PMA. Les piqûres, ce fut easy, finger in the nose, je me pique dans le ventre, les cuisses, même plus peur. A part la toute première ou c’est Choubidou qui m’a piqué mais s’est trompé de dose et a ressorti l’aiguille en milieu d’injection. Avant de manquer de tomber dans les pommes. Oui, je suis mariée avec un homme fort, viril, et pas du tout aiguillophobe. Un grand moment de couple. Depuis, je me pique toute seule !

J’ai plutôt bien toléré la stim, je me suis juste sentie très fatiguée, mais comme tout le monde en novembre non ? On a fêté dignement l’anniversaire de notre petit bout. Avec une otite hyperalgique de folie le jour même, mais bien mieux en famille le weekend suivant. Même que j’ai versé une petite larme d’émotion de le voir entouré de toute sa grande famille en train de tenter de se cramer le doigt souffler sa première bougie aidé de son cousin.

Et puis il y a eu la première écho de contrôle de la stim, à J12, faite par une gynéco associée que je ne connaissais pas. Qui a révélé deux jolis follicules à droite, un ovaire gauche endormi. Et la colère a laissé place à l’espoir et aux montagnes russes… Le taux d’E2 à 183, si loin des 542 de l’IAC gagnante de 2014 m’a fait un peu redescendre de mon nuage et réaliser que oui, mon IOP avait progressé et que les jolis follicules ne contiennent pas toujours un bel ovocyte mature. Ce taux n’a pas du tout inquiété la gynéco, qui a continué le Gonal 24h de plus avant de déclencher afin de laisser le temps à mes œufs de caille de se transformer en beaux œufs d’autruche.

Deux jours plus tard, retrouvailles avec notre gynéco habituelle, en pleine forme le lendemain d’un marathon (elle en fait 4 par an, et des trails entre deux, une vraie hyperactive). Elle m’a lancée, toute fière, que tout était parfait, que j’avais eu deux follicules, et que : « Vous voyez, tout va bien, ne vous inquiétez pas, vous êtes fertile ! »

WTF ?? Alors si être fertile c’est se taper un protocole de PMA 11 mois après avoir accouché, en urgence parce que AMH à 0.8, au pire moment niveau vie pro et perso, avec une réponse à la stim deux fois moins bonne qu’avant malgré une dose de Gonal augmentée… Bref, j’ai failli lui balancer son speculum à la tronche. Mais je me suis contentée de faire un petit sourire forcé et de dire une phrase intelligente genre « Hihihi vous trouvez ? » Aucune répartie la MissKangourou.

Le lendemain de l’IAC, j’ai été malade, beaucoup de fièvre pendant trois jours, grippette partagée avec le Nano. Et puis, après une deuxième partie de cycle qui aura brillé par une libido au taquet (Utropower), un épuisement maximal et des périodes d’espoir malgré tout, le test fut négatif comme attendu et J1 a débarqué sans se faire prier à J27. J’ai été surprise d’être déçue tellement je m’y attendais. Quant à Choubidou, il a dit que chez nous, c’était les IAC2 qui fonctionnent, donc même pas mal.

Bref, j’ai débuté la stim pour IAC2 tout de suite, sans pause, en respectant sagement la dose de Gonal prescrite bien que j’ai très très envie de me faire des vraies doses spécial ovaires de mamie au lieu des 62,5UI prescrites pour « ne pas forcer vos ovaires tout de suite Mme Kangourou, ça risque d’empirer l’IOP »

La colère est partie, la fièvre aussi, par contre l’espoir est toujours présent et l’envie de ce minipouce se renforce tout doucement. La peur réapparait aussi, celle de ne pas y arriver.

La première fois, en 2014, on n’y croyait pas, on nous avait annoncé le pire au vu de mes résultats de PDS. Et j’avais finalement super bien répondu à la stim, malgré mon AMH à 1,4 à l’époque. Cette fois ci, c’est donc pleine de confiance que j’avais débuté ces tentatives. Mais il semblerait que mes ovaires aient bien pris un coup de vieux..

Aujourd’hui, J12, écho de suivi de IAC2. Plein de petits follicules à droite avec un moyen à 15mm, un gros à gauche de 19mm, une MissKangourou toute fière en voyant tous ces petits œufs échographiques (qui a dit que je suis infertile ? Il y a une équipe de foot dans mon ovaire droit !). Un endomètre bien moelleux et épais comme toujours. Et la gynéco ravie (ça en devient agaçant cet optimisme) qui décrète une belle ovulation probablement en cours ou presque et une IAC dans les deux jours. Et puis la chute, les résultats de la PDS, un taux d’E2 péniblement à 100pg/ml. Bref, rien de mature dans la récolte. Que des bulles de savon vides.

Alors oui, on continue la stim, et oui ça peut grossir dans les prochains jours, et même que ça peut marcher.

Mais n’empêche qu’un taux aussi bas après 10 jours de stim, c’est pas terrible.

Finalement, ça confirme qu’on a bien fait de se lancer vite. Et qu’en effet, une AMH<1 signe une vraie IO, avec réponse de marde, et ovocytes feignasses pas très motivés pour s’allier avec les zozos de Choubidou.

Bref, Wait&See.

Ce qui rend les choses plus faciles, c’est de savoir qu’on est parents, qu’on aura eu cette chance immense dans notre vie. Contrairement à la première fois où ça nous rendait si malheureux. En plus, un petit bout de 1 an qui apprend à marcher, qui fait ses dents, qui met ses doigts dans les prises, qui fait des gros câlins, ça rend la notion du temps bien différente de la première fois…

Après, on est en début de parcours, il nous reste plein d’options, donc on garde évidemment espoir.

Cette fois ci, on ne l’a dit quasiment à personne, on garde notre secret pour nous deux. Du mal à expliquer pourquoi on ne vit pas si bien ce parcours, et pas envie de mêler nos familles de nouveau à ces instants si intimes.

On a juste choisi d’informer un couple d’ami en PMA, car on les accompagne dans leur parcours, ils se confient à nous, et on trouvait ça normal qu’ils sachent qu’on essaye de nouveau. Sans comparer nos ressentis, qui sont évidemment incomparables. Plus pour qu’ils anticipent une éventuelle annonce de notre part et qu’ils ne se sentent pas trahis si cela arrivait.

Bref, un deuxième parcours qui débute tout doucement, avec des sentiments contradictoires, de l’espoir, de la colère, de l’inquiétude, de l’ambivalence, de la tristesse. En fait, des sentiments classiques de pmette. Adoucis par notre bonheur quotidien avec Nano …

Gros gros bisous à toutes

EDIT: E2 à 134UI ce jour. Bref, taux de marde. Mais ça monte. Du coup, déclenchement demain soir, en espérant que ce taux ait encore grimpé d’ici là (pas de contrôle prévu), et IAC2 lundi. J’y crois pas des caisses, mais on y va!

Petites news en vrac

Tout d’abord, pardonnez-moi d’avoir déserté vos blogs, je vous lis tous les jours mais ne commente pas souvent, par manque de temps principalement. En effet, la rentrée a été plus que chargée ici. Je vais faire mieux, promis ! Les choses devraient se tasser ces jours ci. Je vous donne quand même des petites nouvelles !
Côté boulot :
La rentrée a piqué très fort. En effet, j’avais deux articles à pondre pendant l’été, censé être une période calme dans mon service, mais ce ne fut pas le cas, et je me suis donc retrouvée à devoir travailler comme une dingue en septembre pour boucler mon boulot avant les deadlines. Ne bossant pas dans un CHU, mais ayant des obligations universitaires quand même, sans le temps alloué, mon temps libre et mes weekends en ont pris un coup. Bref, papiers finis en quelques nuits blanches et weekend d’ermitage, je ne me consacre plus qu’à mon activité clinique quotidienne, fais une petite pause universitaire, en attendant la prochaine échéance. En effet, dans ma spécialité, les études ne sont jamais tout à fait finies, ce qui est à la fois stimulant et parfois épuisant.Cette année sera la dernière avec des examens, mémoires et présentation, je boucle ma surspécialité dans 8 mois, hâte +++ d’en avoir fini avec tout ça!
Côté logement :
On achète une maison ! Entre deux baisses de motivation pendant le mois de septembre, on a commencé à jeter un coup d’œil sur internet à le recherche de La maison, juste pour voir en attendant de vendre notre appart. En effet, c’était top pour deux, mais déjà petit pour nous trois, et on voulait enfin un vrai extérieur et une maison de grandes personnes! Bref, on a craqué sur une jolie maison à la campagne proche, avec un beau jardin, une cheminée chaleureuse, plein de lumière, des vignes et des fleurs … et on a signé, sans même avoir vendu l’appart, abandonnant tous nos principes de précaution. Mais on se projette tellement bien dans cet endroit qu’on est super heureux, et on a fait un montage financier très souple et flexible nous permettant de vendre tranquillement notre appart en deux ans, ce qui est largement faisable vu son emplacement.
Comme Mme Pimpin, je suis amoureuse de mon appartement actuel, un joli rez de jardin où on a fait plein de travaux et où on a passé des moments heureux tous les deux, des moments plus durs et aussi l’année la plus belle de notre vie… Mais on le quitte pour la maison de nos rêves, alors… En attendant, faire les visites, c’est très particulier, les gens touchent à tout, aiment ou n’aiment pas ce qu’on a fait, et c’est très bizarre d’ouvrir son intérieur à des inconnus, surtout quand chaque pièce, chaque bout de mur est associé à notre histoire. Je ressens la moindre critique comme une attaque personnelle, je déteste ça!

Côté Nano :
Le petit bonhomme a bien poussé, et va déjà souffler sa première bougie très prochainement ! C’est un petit bout toujours plein de vie, qui nous fait bien rire. Il est devenu très câlin, me fait des bisous baveux, et niche sa petite tête dans mon cou tous les matins. Il est toujours allaité à la demande pour mon plus grand bonheur le weekend, et matin et soir la semaine. Il gambade partout et course les deux chats complètement paniqués par cet ouragan à 4 pattes. Il se régale avec tout ce qu’on lui présente et est un petit estomac sur pattes! A la fois très explorateur, autonome et curieux la journée, mais aussi très inquiet et nerveux le soir, quand il fait noir et qu’il faut aller faire dodo, chose qu’il déteste par-dessus tout même si épuisé. La nuit, il réclame souvent une tétée câlin quand il fait tout noir et qu’il a besoin d’être rassuré, il est tout doux dans ces moments là.. Son sourire me fait fondre et je suis amoureuse de mon bébé comme toute MILK respectable. Mais parfois, il a un caractère de cochon, s’exprime bruyamment et balance ses petites voitures dans le mur si elles ne suivent pas la trajectoire souhaitée par le petit prince. Bref, un chouette bébé de un an, avec des traits de caractère déjà bien définis, qui nous fait rire aux larmes certains jours et qui nous rend chèvre parfois !
Côté vacances :
Suite aux conseils d’une super copinaute (à qui on pense très fort pour son nouveau combat avec DNLP en mode hyperactive du canap’), nous sommes partis passer une dizaine de jours au paradis, c’est-à-dire aux Seychelles ! On s’est trouvé un appart chez l’habitant en A*irBnb, location de voiture, et en route pour l’aventure ! Les 11h de vol se sont bien passées, Nano a dormi dans la petite nacelle à l’aller, on l’a rajeuni de 2 mois pour y avoir droit, et il a été remarquablement calme par rapport au vol précédent qui avait été un carnage complet ! Sur place, ça a été plus compliqué les premiers jours, le combo chaleur-jetlag-voyagebateau a été un peu foireux, avec un Nano qui nous a fait une nuit atroce à hurler à 40°C de fièvre alors qu’on était au milieude nulle part sur une petite île certes paradisiaque mais peu adaptée aux bébés. Donc retour à l’île principale et vacances cool avec exploration de criques désertes sublimes et sauvages! Du coup, siestes du bonhomme sur la plage, explorations des vagues en couche culotte, et bananes et lait maternel à volonté –> bébé comblé et parents détendus, déconnectés et happy ! Bref, aux Seychelles la vie est belle, la nourriture créole est une tuerie, les plages sont à couper le souffle, et les rastas seychellois vivent dans une dimension de cool attitude à rendre fou un parisien. Ces vacances, bien que irraisonnables vu notre achat immobilier (décidé après la réservation des vacances), nous ont fait le plus grand bien, vu l’hiver qui nous attend !
Côté PMA :
Après mes résultats foireux, montrant une aggravation nette de mon IOP, on a rencontré notre gynéco PMA fin septembre, qui n’a pas été très optimiste, mais pas non plus carrément perdante vu que notre premier parcours a été minuscule et rapidement positif. Nous avons choisi d’attendre le retour de vacances pour remettre en route la machine, et c’est donc avec un J1 arrivé pile poil le jour de notre retour que les choses ont redémarré. Je suis donc aujourd’hui à J6, me repique toute seule après une ou deux piqûres stressantes (mais c’est comme le vélo, ça revient vite), avec des injections quotidiennes de Gonal-F 62.5µg. Je trouve cela peu, Nano ayant été conçu avec des doses supérieures, mais ma gynéco n’avait pas aimé mes trois follicules de l’époque et préfère y aller mollo. Bref, écho dans une semaine, on verra bien, hâte de savoir si ça fonctionne encore là dedans ou si mes ovaires sont devenus des raisins secs. Je n’ai pas voulu tenter les essais de bébé couette, gardant mes deux FCS en travers de la gorge, et bêtement convaincue que si je suis stimulée mes ovocytes seront moins pourris et me donneront une deuxième minikangourou. Bref, c’est reparti pour la PMA, ça ne nous avait pas manqué, le timing est pas terrible (bébé de moins d’un an et allaitement toujours en cours), mais pas le choix, ma gynéco m’a dit qu’il y avait urgence à redémarrer une grossesse si je voulais que ça fonctionne. Souhaitant idéalement au moins trois bébés (suis une dingue crédule mais j’y crois toujours !), on y va à fond et tant pis pour la fatigue. Au programme, 3 IAC puis FIV si négatif. Wait&See.
Côté DNLP :
Depuis que j’ai accouché, il n’y a quasi pas eu d’annonce de grossesse par ici. Mais que de PMA …

Nos meilleurs potes sont en début de parcours, galèrent depuis déjà 18 mois. Elle est OPK sévère avec des énormes ovaires et a en plus une endométriose, lui est OATS modéré. Donc elle va se retrouver avec une chirurgie et un drilling avant même d’avoir pu essayer un bébé couette, n’ayant pas ovulé depuis le début de ses essais bébé. On croise très fort pour eux, ils étaient si confiants au début, et découvrent les imperfections de ce monde, les recettes de cuisine locales et les différences d’opinion médicaux. Leur confiance absolue en la médecine commence déjà à faire place à une tristesse et une incompréhension associée à la peur, surtout avec un dossier si compliqué…
Au boulot, on est 4 jeunes toubibs en âge de procréer, et ma collègue n’est toujours pas enceinte après près d’un an d’essais (2 ans pour bb1, bilan négatif). Mes deux autres collègues n’y arrivent pas non plus depuis plus d’un an. C’est fou … Je n’ose plus poser la question, les mariages où nous sommes allés récemment ne sont pas suivis d’annonces, on est entourés d’infertiles ou de galériens. Ca fait tout drôle… On est devenus les MILK des autres, on essaie d’être discrets et de ne pas imposer notre bonheur à nos potes, on se rappelle tellement…

Voilà pour les news en vrac, une grosse année à venir, des échéances pro peu compatibles avec grossesse/PMA mais OSEF, une nouvelle maison, et plein d’espoir et d’étoiles dans les yeux ! Et des croisages pour tous nos copinautes et amis IRL qui se débattent avec DNLP encore et toujours.

Kunduz ….. + Edit

Vendredi soir, j’étais de garde dans ma petite réa de périphérie. On a fait quelques entrées, des personnes âgées, fragiles, qui avaient besoin de soins intensifs. On a fait notre boulot dans une bonne ambiance, avec évidemment quelques sourcils froncés à cause de nos « problèmes » quotidiens. Manque de personnel, direction peu accessible, manque de moyens matériels, la routien, la France.

Et puis, en sortant, j’ai appris la nouvelle. Quelques milliers de kilomètres plus loin, l’hôpital MSF de Kunduz avait été bombardé par les américains. Une bavure.

J’ai eu le privilège d’y passer quelques semaines il y a presque trois ans, et j’en garde un souvenir vivace et marqué. Un petit hôpital baigné de soleil, qui prenait en charge les victimes de traumatismes liés ou non au conflit.

Une douceur ambiante, un calme étonnant dans ce contexte. Un personnel souriant et travailleur. Des sourires échangés. Des situations si dramatiques, avec tellement de difficultés à les gérer sur place, avec si peu.

Quand je suis partie en Afghanistan, toute ma famille a eu si peur pour moi. Je partais chez les sauvages talibans qui provoquaient des attentats suicides et lapidaient leur femme après tout. En plus, je devais porter ce foulard si symbolique et me cacher, ne pas rire trop fort, ne pas courir, rester discrète en toutes circonstances. C’est avec beaucoup d’appréhension que j’avais commencé ma mission là-bas, en tant que jeune femme médecin. Et puis j’ai rencontré les afghans. Ce peuple si digne, si courageux, si optimiste. Si respectueux envers nous, pour peu que l’on respecte leur culture et leur tradition.

J’ai eu la chance de former et de travailler avec une jeune équipe de médecins tout juste sortis du nid, plein d’espoir, si fiers de leur travail. Si haineux de toute forme de violence, bien que n’ayant connu que cela.

Le Dr Osmani était mon ami, c’était un jeune homme souriant qui était pour moi le symbole de ce « nouvel Afghanistan », jeune, dynamique, fier et pétillant. Il m’accueillait tous les jours avec une tasse de thé, afin de me présenter les patients, de me demander mon avis sur telle ou telle prise en charge, et d’échanger tout simplement sur ses joies, ses peines. Il avait eu la joie immense d’être fiancé à une de ses petites cousines pendant mon séjour là-bas, et nous avions fêté dignement cet évènement, avec un buffet de fruits, de noix de cajou et des litres de thé au gingembre.

Le Dr Osmani, comme 20 autres personnes, a été tué vendredi pendant sa garde de réanimation. Il venait de passer une semaine éprouvante à accueillir des centaines de blessés civils, victimes des combats qui font actuellement rage dans le Nord afghan. Le tout sans se plaindre évidemment, ni compter ses heures, malgré les difficultés immenses qui étaient celles de cet hôpital. La toute petite réanimation a été bombardée pendant une heure et demi, brûlant et tuant tous les soignants et les patients qui y étaient enfermés. L’hôpital n’est plus qu’un tas de cendres. Tout ça à cause d’une « erreur » des forces armées de la coalition.

Alors depuis deux jours, mon cœur pleure, et les larmes ne quittent plus mes yeux. Car si pour tous, ce n’est qu’un évènement triste mais lointain, pour moi, Kunduz, c’était tellement plus. C’était la rose qui poussait en plein désert, l’espoir, et la preuve que l’humanité et la neutralité pouvaient avoir leur place dans ce monde dont je n’arrive plus à comprendre le sens.

Alors, bien que les médias aient déjà mis Kunduz aux oubliettes, merci d’avoir aujourd’hui une pensée pour le Dr Osmani, et tous les enfants, patients, et soignants dévoués qui ont été victimes de ce crime de guerre si peu relayé…

Quant à moi, je ne verrai plus jamais une garde « difficile » ici de la même manière .

Merci pour vos pensées.

Édit:
Un grand merci à toutes pour vos jolis mots… Mettre des mots sur mes ressentis et lire vos doux messages m’a fait le plus grand bien.
Par ailleurs, je constate que je reste une grande idéaliste, ayant cru cette histoire de bavure, d’erreur. Il s’avère que l’hôpital a été bombardé volontairement, car les US et le gouvernement afghan nous reprochent notre neutralité et le fait de soigner également des civils talibans en dehors de toute prise de position. Donc, l’hôpital a été éliminé, fin de l’histoire…
http://www.liberation.fr/debats/2015/10/05/afghanistan-pourquoi-les-humanitaires-sont-une-cible-de-l-armee-americaine_1397491?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook

Doctor Ehsan Osmani, 25, worked in the intensive care unit.

Résultats, évolution IOP/AMH/CFA après grossesse

Ca y est, mes résultats sont tombés.

Juste petit rappel pour les chiffres :

Suspicion d’IOP en 2013 avec AMH 1.4ng/ml en sept2013 et 1.2 en nov 2013 – 28 ans

Mais écho comptage follicules antraux à 17 follicules, donc très rassurante (norme 12-25), et inhibine B + FSH normales.

Donc on était resté sur une IOP débutante sans en être sûre, ou infertilité inexpliquée sinon.

Contrôle à J3 mercredi dernier à 30 ans:

Echo CFA = 10 (5 de chaque côté), AMH 0.8, Inhibine B 27 (norme 45-200, ménopause à <5). FSH stable à 7, mais faussée par l’allaitement qui l’abaisse (contrairement au reste)

Donc l’IOP cette fois ci est confirmée et bien avancée. C’est bête, mais une petite partie de moi était convaincue que c’était une fausse AMH la dernière fois, et ma grossesse en IAC2 m’avait rassurée sur ma réserve. Je crois que je n’étais pas convaincue de mon infertilité malgré les deux ans d’essais et les deux FCS précoces…

Bref, c’est un peu la claque là. Mon rêve de famille nombreuse a encore pris un coup dans l’aile.

Du coup, action réaction, rdv pris en pma pour le 22 septembre avec négociation ++ auprès de la secrétaire pour accélérer les choses (délai 3-4 mois sinon).

Et remise en route de la PMA en novembre, après les examens obligatoires que nous aurons réalisés d’ici là… En attendant pas d’essais tout de suite, on se focalise sur la grosse rentrée, le taf universitaire, on se laisse deux mois, on part en vacances picoler comme des trous fin octobre, et on relance la machine juste derrière. Direct PMA, pas moyen de laisser traîner cette IOP 6 mois de plus.

Me reste plus qu’à annoncer tout cela à ma collègue, mais comme vous me l’aviez prédit, une fois les résultats en main, je ne veux pas attendre et le taf, OSEF.

C’est bête, je suis toubib et devrais voir tout cela scientifiquement, mais je m’étais dit qu’entre la grossesse et l’allaitement prolongé, ayant ovulé, genre 3 fois depuis ma dernière AMH, je pensais que ma réserve allait rester au top. Je ne comprends pas pourquoi mes ovaires font encore les difficiles alors que je leur ai filé 18 mois de vacances ces salauds.

Bref, voilà pour les tites news.

Je sais, y a plein de grossesses avec des AMH bien plus basses, même en C2, hein dropsky 😉

Mais bon, en attendant, j’ai quand même le bide de travers et la gorge nouée.