Ma vie de Maman Kangourou (TAG)

Ouh là là, c’est poussiéreux ici, plus d’un an sans avoir écrit ! Reste t’il un petit lecteur caché ?  

La reine étant en manque de mes nouvelles, me voilà de retour 😉

 

1-Présente toi en quelques mots, combien as-tu d’enfants ? Quels sont leurs prénoms ? Quel âge ont-ils ?

J’ai 32 ans (presque 33) (mais une horloge biologique de 40), suis mariée avec un Choubidou de 33 ans (presque 34) j’ai un Nano synthétique de presque 3 ans et une Tiprout quasi bio de presque 1 an.

 

2-Avant de connaître officiellement le sexe de ton enfant, le connaissais-tu déjà au plus profond de toi ?

Pour Nano, on a choisi de ne pas connaître le sexe. Je rêvais d’une petite fille mais avais la conviction de porter un petit mec, comme Choubidou. A tel point que je n’ai pas pensé à regarder le sexe après sa naissance car c’était évidemment un garçon pour nous. Pour Tiprout, au contraire, j’étais perdue et espérais trop fort une petite fille. J’ai fait  tous les tests internet, les trucs de grand-mère, forme du ventre, comparé les HCG, plusieurs échos, je voulais savoir ! en plus cette coquine se cachait. Et quel bonheur de découvrir que notre miracle était bien une petite puce.

 

3-Maman au foyer ou maman au travail?

Maman au travail, à 80% en théorie mais je travaille bien plus que cela. Je suis médecin dans un service très lourd et fais beaucoup (trop) de gardes et weekend. J’ai quand même l’immense chance d’avoir une grande partie de mes mercredis que je passe avec mes petits. Au début ces journées étaient vraiment dures, ayant un Nano très bébé et demandeur qui ne supportait pas de partager sa maman. Maintenant je kiffe vraiment mes mercredis, même si parfois (très souvent) j’envisage de retourner à 100% après une journée « carnage » ! Ce rythme un peu particulier est finalement  parfait pour moi, me donne un équilibre plutôt chouette, ces moments compensant un peu mes absences trop fréquentes.

 

4-As-tu un objet ou quelque chose de symbolique faisant référence à tes enfants qui ne te quitte jamais ?

J’ai toujours dans mon portefeuille le bracelet d’identité que portait Nano lorsqu’il a été hospitalisé pour sa sténose du pylore à l’âge d’un mois. Ce moment qui avait été notre toute première séparation reste un souvenir marquant, et regarder ce tout petit bracelet me rappelle la chance que j’ai d’avoir deux petits bouts en parfaite santé.

 

5-As-tu déjà vécu une situation où ton instinct de maman a pris le dessus ?

Comme Margou, le seul truc instinctif que j’ai en moi, c’est probablement l’allaitement, j’ai adoré mes deux allaitements tout autant que j’ai détesté être enceinte.

Sinon j’avoue, je ne crois pas trop à l’instinct maternel, j’ai l’impression d’en manquer souvent et d’être toujours une maman en carton ! Au niveau médical, je file chez mon généraliste que j’aime d’amour au moindre bobo, et je me sens incapable d’évaluer la gravité (ou pas) de mes petits. Je suis déjà allée aux urgences pour une poussée dentaire, oui oui. Et par contre j’ai hésité à emmener mon fils lorsqu’il venait de vomir 10 fois d’affilée à 5 semaines, par peur de déranger pour rien. Mouais. Heureusement, je peux compter sur mon réseau de Milks professionnelles qui m’épaulent au quotidien, elles sont précieuses.

 

6- Fais-tu partie de ces mamans qui ont gardé leur test de grossesse ?

Un truc plein de pipi séché ? Euh, non merci.

Trop de tests négatifs ou foireux (une inconditionnelle du test trop précoce), plusieurs fausses couches précoces, je suis plus du genre à garder les échos que les tests.

 

7- As-tu du mal à te séparer des affaires de tes enfants ?

J’ai gardé beaucoup de vêtements des petits, pour un petit troisième ou pour les prêter à des futurs neveux et nièces. Je garde quasiment tous les jouets, et je compte les garder très longtemps pour avoir peut être un jour le bonheur de voir mes petits-enfants redécouvrir ces trucs vieillots de 2017 avec autant d’émotion que lorsque je vois mes petits s’éclater avec mes souvenirs d’enfance chez mes parents. (Bon, on est d’accord, les trucs hideux Pat Patrouille s’autodétruisent au bout d’un an hein)

 

8- Un achat qui te trotte dans la tête depuis quelques temps mais que tu n’as pas encore fait ?

Un joli circuit de train en bois pour mon grand, pour ses trois ans. J’adore et lui aussi.

 

9- On dit souvent que pour un premier enfant, on a du mal à acheter d’occasion. As-tu réagi différemment pour ton deuxième enfant ?

Je suis fan des sites de vêtements d’occasion et des braderies pour enfants ! Aucun souci pour moi, cela me permet d’avoir des vêtements de qualité très peu portés à des prix raisonnables. J’aime bien jouer à la poupée avec mes loulous et varier les look, j’ai toujours 4 machines de retard, ils poussent comme des champignons, et je n’aurais clairement pas le budget qui suivrait si j’achetais tout neuf. Donc je mixe neuf et occaz, et je m’amuse bien. En plus ils sont sacrément canons (surtout ma puce sans cheveux et sans dents), faut bien mettre en valeur leur beauté comme il se doit 🙂

Pas de différence premier-deuxième pour cela, à part que la garde-robe de ma fille est sans doute encore plus remplie, mais c’est normal non ?

 

10- Un fait marquant depuis la naissance de tes enfants à nous raconter ? Qu’il soit heureux ou un peu moins …

La première nuit où tout le monde a dormi. Le 24 mai 2017. Genre la première nuit complète en 2.5 ans. Le bonheur total. Mon grand a mis 2 ans et trois mois à faire ses nuits, et encore, on l’a forcé, sinon on se lèverait encore toutes les nuits je crois. Avec l’arrivée de Tiprout, ce qui était fatiguant mais gérable est devenu invivable, et j’ai bien cru devenir dingue de fatigue avec mon grand qui demandait notre présence 2-3 fois par nuit et ma petite qui ne dormait que collée dans mes bras avec un boob dans la bouche.

Elle nous a fait le cadeau de faire des nuits complètes le jour de ses 6 mois, et depuis notre vie a changé ! Ne jamais sous estimer le niveau de fatigue d’une maman de bébé insomniaque, on ne s’y habitue pas même si on arrête de s’en plaindre au bout d’un moment.

 

11- As-tu déjà craqué nerveusement depuis que tu es maman ?

Oui, très très souvent avec mon premier (pour le moment j’ai un modèle « bébé pour les nuls » en numéro 2). Comme l’a si joliment écrit ma copine Mari, on culpabilise énormément de galérer avec un ou deux petit bout si ardemment désirés. Mes petits sont assez rapprochés, cet écart d’âge n’était pas souhaité initialement car on savait très bien que Nano n’était pas prêt, mais mon horloge biologique nous a un peu forcé la main. 

Mon Nano est un petit garçon très sensible, drôle et attachant. Mais c’est également un crampon qui était très anxieux et excessivement demandeur d’attention jour et nuit pendant sa toute petite enfance, et bien davantage lors de ma grossesse et les premiers mois de Tiprout. Régression totale, jalousie, nuits hâchées, c’était dur dur le début. Donc oui, les journées solo avec le bébé en écharpe et le grand jaloux qui enchaîne les crises, ça fait craquer!

Heureusement que les copinautes sont toujours là pour ces moments moins bisounours.

Au final, c’est vraiment super de voir leur complicité naissante après une année difficile. Même qu’on rêve d’un  troisième rapproché…

Mon Nano a grandi et est enfin prêt à être grand frère 🙂

 

12 – Voulais-tu plusieurs enfants avant d’en avoir ? Ton avis a-t-il changé depuis ?

J’ai toujours voulu une famille nombreuse, 3 ou 4 enfants, venant d’une fratrie de 4. Aujourd’hui on espère fort trois enfants, et autant on a hésité longtemps à se lancer dans l’aventure du petit deuz, autant on pense troisième depuis  la deuxième grossesse. J’avais à peine accouché que je voulais déjà avoir le petit dernier. En plus on a la chance d’avoir une deuxième hyper cool, zen et indépendante, elle nous laisse l’énergie nécessaire à cette aventure.

Donc on n’a pas repris de contraception, j’ai fait deux FCS précoces en juillet et septembre, on continue les essais, et rendez-vous en FIV si pas de gertrudage dans quelques mois car mon IOP ne s’améliore pas avec le temps.

Donc non, on n’a pas changé d’avis, notre famille n’est pas encore au complet, même si on est bien conscients de la chance immense que l’on a d’avoir nos deux super poussins.

 

Voilà pour les petites nouvelles d’une exPMette devenue MILK toujours un peu PMette.

Je nomme Zapette et Carotte, qu’on ne voit pas assez souvent par ici, et qui sont peut-être comme moi cachées mais encore dans le coin !

 

 

 

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Le choix du roi …

Cela fait très longtemps que je n’ai pas posté sur ce blog un peu laissé à l’abandon.

Le fait est que tout va plutôt très bien, et qu’il est bien plus facile d’écrire la tristesse que la joie et la sérénité.

Ces derniers mois ont été très chargés et physiquement éprouvants, ce qui était prévisible au vu des échéances pro/universitaires de fin d’année, celles-là même qui nous faisaient reculer notre retour en PMA pour ce deuxième enfant. Et puis, un jour à la fois, les semaines sont passées, les diplômes attendus ont été validés, les nausées se sont estompées.

Nous attendons une petite fille, Tiprout, qui d’après la deuxième échographie, semble en pleine forme.

Il paraît que c’est le choix du roi, on me le dit tous les jours. Cette petite puce on en a rêvé, et on est vraiment comblés.

Ceci dit pour moi le choix du roi, ce n’est pas une histoire de sexe de bébé, c’est ce miracle qui fait que nous allons être parents une deuxième fois, que Nano ne sera pas enfant unique, et que la vie nous a fait ce cadeau miraculeux malgré une IOP bien réelle et des chances de grossesse infimes. Ce bonheur de réaliser que les deux prénoms que nous avions choisi il y a près de 5 ans seront réellement portés par nos deux enfants.

Je vis cette grossesse de façon bien plus sereine que la première, grâce à cette confiance retrouvée en mon corps qui ne m’a plus fait faux bond depuis longtemps, et qui a su porter à terme mon Nano, le nourrir pendant une belle année, et permettre à Tiprout de se nicher en secret à son tour.

Ceci dit je suis bien plus fatiguée qu’il y a deux ans, bien plus grosse aussi (en gros je suis cernée et bouffie, une véritable femme enceinte épanouie des magazines), et j’ai de vilaines contractions très régulièrement surtout quand j’en fais trop. Mais globalement ça va, cette grossesse est des plus banales, et c’est avec bonheur que je ressens les petites vagues de Tiprout sous ma main et celle de son père. Ayant connu le syndrome du ventre vide de façon brutale et inattendue la première fois, je profite comme une vraie dinde de ces moments qui seront a priori les derniers.

Nos vacances arrivent enfin, et ça va nous faire le plus grand bien de nous retrouver tous les trois pour quelques semaines, à aménager enfin notre maison, préparer notre nid pour l’hiver prochain à 4, profiter de notre joli jardin, gérer le terrible two (coucou MlleK ), faire des barbecues et soirées bière 0% avec les copains, et aller à la rencontre de quelques copinautes au soleil   ❤

Nano a bien grandi, c’est toujours un petit bonhomme plein de vie, qui adore interagir, nous fait des tas de câlins, a un caractère bien trempé et cultive l’art du « Non ! » comme il se doit à 20 mois. Un vrai petit clown qui se marre du matin au soir et qui aime son gros chat au moins autant que ses parents (gros chat qui le lui rend bien). On lui parle un peu de sa petite sœur et il joue avec mon bidon par moments mais l’ouragan qui l’attend reste très abstrait pour lui. Toujours un rebelle du dodo qui se réveille régulièrement la nuit et préfère profiter de ses parents que de perdre du temps à dormir. Encore un bébé qui ne prend ses bib que lové dans nos bras mais un petit homme avec sa personnalité bien à lui, fan de son papa.

Voilà pour les nouvelles de ma petite vie devenue banale, classique et inintéressante. Je pense que ce billet sera un des derniers. Je ne me vois pas faire un blog de maman car d’autres le font avec beaucoup plus de talent et d’humour que moi, et la PMA est définitivement sortie de notre vie pour notre plus grand bonheur. Je continue à vous suivre, et je désespère quand je réalise que toutes les copinautes avec qui ce chemin a été parcouru depuis 3 ans n’ont pas eu ma chance. Je continuerai à être le plus présente possible, même si je me rends bien compte que les mots que j‘écris ne sont plus d’un grand soutien depuis longtemps. Ma boîte mail reste évidemment ouverte, j’espère continuer à avoir de vos nouvelles.

Merci à toutes et tous pour votre présence précieuse dans ma vie, je vous fais des énormes bisous !

 

 

 

Gertruder en toute sérénité (ou pas)

7dpo : pas de règles, c’est encore un peu tôt. Le Ménopur est prêt, tout est câlé.

8dpo : toujours rien, c’est bizarre.

9 dpo : Bordal je serais pas en train de Gertruder ? Il était bien beau cet énorme follicule ceci dit. Et si …

11dpo : Etant peu patiente, je craque, TG puis PDS, découverte avec bonheur d’un taux positif de 16UI. 6 heures plus tard, du sang, on déchante ; la progestérone a été débutée en catastrophe et quadruple dose (400mg x 2 par jour).

13dpo : Après 48h de saignements, c’est avec résignation que je suis allée faire le contrôle de Bhcg, via trois laboratoires différents refusant tous les pds sans rdv un weekend. Finalement pds discrète par une infirmière du service fraîchement enceinte. Le taux a triplé, je respire, je pleure, mode Peace&Love réactivé. Des règles anniversaires, un manque de progestérone, un bébé qui fait son nid, todo bien. Week end doux, projection prudente, on est heureux et on y croit, et tant pis pour les pertes marrons en train de se tarir.

15dpo : Taux à 102UI. A bien doublé. C’est parfait, tout va bien. On appelle le cabinet de la gynéco, on attend avec la petite musique pendant 20 minutes, puis on confie ce joli résultat à la secrétaire pas sympa qui transmettra à la gynéco le lendemain. Après m’avoir longuement interrogée sur les détails ragoûtants de mon fond de culotte, détails simples à raconter au boulot sans se faire griller, tout en s’absentant longuement pour la deuxième fois de la journée. Peu importe, tout va bien et on est heureux.

16 dpo : Rappel au cabinet. 35 minutes d’attente. La gynéco souhaite un nouveau contrôle car trouve le taux bas et est inquiète par les saignements persistants et mes antécédents. A heure fixe, 10h30. Argh. Ok. On va faire ça. Pourtant le taux a doublé et a dépassé les 100, certains centres arrêtent les contrôles après non ?

17 dpo : La dame du labo s’en tamponne que je sois toubib en train de poireauter en salle d’attente en pleine matinée de travail. PDS faite après ¾ d’heure d’attente. On arrache le pansement pour ne pas se faire griller, on court au boulot bâcler le tour des patients en 1h, on se dit que la gynéco exagère, mais que c’est pas grave, le taux aura doublé. Taux à 196. A presque doublé. Bon. On rappelle la secrétaire pas sympa. 30 minutes de petite musique. Pas contente du taux qui n’a pas doublé. « Vous savez, le taux n’est pas bon, vous faites peut être une GEU Mme Kangourou. Rappelez demain je vous donnerai l’avis de votre gynéco qui ne travaille pas aujourd’hui mais non, pas question de vous donner un rdv d’écho à 7SA, elle va vouloir vérifier la PDS. Mais rappelez quand même. »

La secrétaire avec la VAE PMA qui me parle de GEU. N’importe quoi, mon taux est parfait. Quoique … il n’a pas doublé. Mais je ne saigne plus. Mais j’ai déjà fait des FCS. Et j’ai des contractions dans le ventre depuis deux jours. Et si …

18dpo : on rappelle, on tombe sur la secrétaire sympa. 25 min de petite musique. Qui note tout, et me promet que Mme D. va me rappeler herself dans la journée avec la conduite à tenir. La journée se passe. 17h, je craque et rappelle. 10 minutes de petite musique, c’est mieux ! Secrétaire pas sympa qui me soutient mordicus que la gynéco ne rappelle jamais elle-même et que j’ai inventé les dires de sa collègue. Me promet qu’elle demande l’avis et me rappelle dans le quart d’heure. Deux heures plus tard, rien, on laisse tomber.

19dpo : pas de sang, pas de contractions, pas de nausées non plus. Le téléphone sonne, c’est Mme D, la gynéco avec qui je n’ai pas échangé directement depuis le début ! Qui me confirme qu’elle n’aime pas beaucoup mes taux et leur cinétique, qu’avec mes antécédents ça craint tout cela. Qui me demande de refaire une pds au même endroit à 10h30. La dame du labo de l’hôpital rigole en me voyant arriver, m’accuse limite de me prescrire ces bilans pour le fun, et refuse de me faire passer avant les 12 personnes en salle d’attente. Plus d’une heure d’attente. J’insiste, elle refuse, doit bien détester les médecins et jouit de sa petite prise de pouvoir du jour. Je file aux urgences, négocie des étiquettes à l’accueil, choppe une nouvelle infirmière du service, qui stresse à l’idée de me louper, me fais piquer sur un coin de table discrétos. En répondant au téléphone pour tenter d’expliquer pourquoi je n’ai dicté aucun courrier ni vu aucun patient à 11h. Emballer le tube, fermer le petit sachet, remplir la demande d’examen. Aller déposer soi-même le tube au labo. Ne pas trouver le labo qui a déménagé à l’étage. Déposer finalement le tube en priant Bouddha, Allah, et Dame Nature elle-même pour garder mon calme et pour que ce fichu tube soit techniqué. Aller faire le tour avec plus d’une heure de retard et avec les bras couverts d’hématomes. Pour recevoir le taux deux heures plus tard, qui n’a pas doublé : 365UI. Zut et re-zut. Googler. Twitter. Relire les forums et les blogs. Pleurer un peu. Arrêter de respirer de nouveau. Penser à Lisette et sa magnifique puce.

Appeler le cabinet vers 16h : La secrétaire pas sympa qui me dit que « comme on se doutait, le taux n’est pas bon du tout. Vous faites probablement un début de FCS. Rdv mardi prochain en écho avec une PDS du jour. Si saignement, douleur, prout coincé, n’importe quoi, rdv aux urgences, ça peut être une GEU. »

20-21-22 dpo. En apnée, en stand by. Aucun symptôme, aucune nausée, pas de sang. S’enfiler toujours 4 ovules d’utrodégueu par jour. Ne pas dormir la nuit, sauf pour faire des tas de cauchemars plus dingues les uns que les autres (Utro power). Recevoir des petits mots de soutien des copinautes. Passer une douce journée à la mer, faire des gaufres avec le Nano, des câlins, encore des balades. Appeler une amie, se confier. Annuler le séjour prévu à Istanbul car trop dangereux, une bombe a explosé au marché près de notre future location, on n’emmène pas un bébé dans un endroit si risqué. On va rester au chaud en France, profiter autrement. Pourquoi pas aller à Bruxelles voir ma marraine..

23dpo : Se rendre au cabinet d’échographie avec la boule au ventre et trois nuits quasi blanches dans les pattes. Etre choquée et pleurer en entendant sur la route que la violence et la folie a encore frappé, Bruxelles, ma capitale de cœur. S’inquiéter pour les proches qui y vivent, être rassurée par les messages reçus. Terrifiée de savoir qu’une amie a loupé de justesse le métro de la mort. Se demander dans quel monde on essaye de concevoir nos bébés. En oublier l’importance de cette écho. Ecarter les jambes toute seule sans Choubidou, avec une gynéco pressée qui a oublié ce qui m’amène. Ne pas oser regarde l’écran.

Et finalement, apprendre que tout va bien. Qu’il y a un magnifique sac dans l’utérus, avec un jolie petite couronne toute ronde formant la vésicule vitelline. Pas de décollement, pas de GEU. Découvrir avec étonnement un gros kyste sur le corps jaune qui s’est rompu lors d’une ovulation « tonitruante » d’après la gynéco. Avec plein de liquide dans le ventre qui explique les douleurs ressenties au début. Sans aucune inquiétude à avoir. Recommencer à respirer (d’un seul poumon). Se faire piquer un dernier Bhcg pour confirmer cette jolie nouvelle. Qui est à 2200, x6 en 96h. Parfait donc. Ressentir les premières nausées avec bonheur. Respirer à plein poumon cette fois ci. Se projeter tout doucement… Continuer l’utro à 400mg/jour et l’aspégic nourrisson qui ont probablement permis à cette grossesse de miraculeusement s’accrocher, d’après la gynéco si optimiste.

Bref, Gertruder oui, sans y penser et se prendre la tête ? Euh ….

Ce mois de mars aura été des plus tristes sur la blogo, avec des déceptions énormes pour des nanas battantes et bien plus méritantes que moi, j’ai donc bien hésité à publier ce billet de riche. Mais lors de cette sombre période d’apnée, certains blogs m’ont permis de garder une lueur d’espoir et de voir que le doublement des taux en 48h n’est pas une règle parfaite, que des petits taux peuvent donner des bébés joufflus, qu’il arrive de saigner en début de grossesse et que les secrétaires de PMA ne sont pas toujours des plus optimistes et compétentes !

Merci pour tous les petits mots reçus ces derniers jours, vous êtes des amours.

Résultats, évolution IOP/AMH/CFA après grossesse

Ca y est, mes résultats sont tombés.

Juste petit rappel pour les chiffres :

Suspicion d’IOP en 2013 avec AMH 1.4ng/ml en sept2013 et 1.2 en nov 2013 – 28 ans

Mais écho comptage follicules antraux à 17 follicules, donc très rassurante (norme 12-25), et inhibine B + FSH normales.

Donc on était resté sur une IOP débutante sans en être sûre, ou infertilité inexpliquée sinon.

Contrôle à J3 mercredi dernier à 30 ans:

Echo CFA = 10 (5 de chaque côté), AMH 0.8, Inhibine B 27 (norme 45-200, ménopause à <5). FSH stable à 7, mais faussée par l’allaitement qui l’abaisse (contrairement au reste)

Donc l’IOP cette fois ci est confirmée et bien avancée. C’est bête, mais une petite partie de moi était convaincue que c’était une fausse AMH la dernière fois, et ma grossesse en IAC2 m’avait rassurée sur ma réserve. Je crois que je n’étais pas convaincue de mon infertilité malgré les deux ans d’essais et les deux FCS précoces…

Bref, c’est un peu la claque là. Mon rêve de famille nombreuse a encore pris un coup dans l’aile.

Du coup, action réaction, rdv pris en pma pour le 22 septembre avec négociation ++ auprès de la secrétaire pour accélérer les choses (délai 3-4 mois sinon).

Et remise en route de la PMA en novembre, après les examens obligatoires que nous aurons réalisés d’ici là… En attendant pas d’essais tout de suite, on se focalise sur la grosse rentrée, le taf universitaire, on se laisse deux mois, on part en vacances picoler comme des trous fin octobre, et on relance la machine juste derrière. Direct PMA, pas moyen de laisser traîner cette IOP 6 mois de plus.

Me reste plus qu’à annoncer tout cela à ma collègue, mais comme vous me l’aviez prédit, une fois les résultats en main, je ne veux pas attendre et le taf, OSEF.

C’est bête, je suis toubib et devrais voir tout cela scientifiquement, mais je m’étais dit qu’entre la grossesse et l’allaitement prolongé, ayant ovulé, genre 3 fois depuis ma dernière AMH, je pensais que ma réserve allait rester au top. Je ne comprends pas pourquoi mes ovaires font encore les difficiles alors que je leur ai filé 18 mois de vacances ces salauds.

Bref, voilà pour les tites news.

Je sais, y a plein de grossesses avec des AMH bien plus basses, même en C2, hein dropsky 😉

Mais bon, en attendant, j’ai quand même le bide de travers et la gorge nouée.

La guerre des mères …

Depuis que Nano est arrivé dans nos vies, j’ai eu la chance de rentrer dans ce monde privilégié et très fermé des parents et plus particulièrement des mamans. Ce monde doré que je regardais avec envie de loin auparavant, parfois avec incompréhension. Celui où les gens te disent « faites des gosses », « c’est que du bonheur tu sais, enfin,  tu peux pas comprendre tant que t’as pas vécu ça» « je suis tellement déçue d’attendre encore un garçon, va falloir que je fasse un petit 4ème »; ce monde où les beuveries  soirées entre amis se transforment en soirées diversification, marque de transat, et comparaison des développements psychomoteurs des marmots (bien peu intéressés par tout cela). Ce monde des grandes personnes.

Après quelques mois dans ce monde, je n’y trouve toujours pas ma place. Car oui, je suis la maman de mon Nano, mais moi qui pensais bêtement qu’il suffisait d’avoir un bébé pour rentrer dans le monde des parents, j’avais sous estimé la tâche. En effet, ma première grande découverte en entrant dans ce monde, c’est qu’il  est divisé en deux camps, qui se font la guerre. Et il faut choisir un camp, pour avoir au moins une partie de la populace de son côté, sinon on se fait mitrailler par les deux ! J’ai donc découvert que chez les mamans, s’opposent la catégorie A « Maman proximale » et le camp B « Maman indignedépendante ». Quésako ?

D’abord la catégorie A : La maman proximale a choisi d’être complètement à l’écoute de son enfant, de ses besoins, en fonction de son évolution physiologique et psychomotrice, le tout en respectant la nature. Le package de la catégorie A : Accouchement sans péri, Allaitement long, à la demande, Portage physiologique plusieurs heures par jour, Cododo prolongé, ne pas laisser pleurer bébé, surtout pas de tétine, couches lavables, minimum de vaccins et surtout arrêt de toute activité professionnelle pour ne se consacrer qu’à son bébé, pédagogie Montessori et langage des signes avec bébé.

La catégorie B, c’est un peu tout le contraire : Accouchement médicalisé, séparation précoce avec nuit en nurserie et bébé dans sa chambre dès le retour de la maternité, Tétine&Biberon, heures fixes des repas, couches jetables, et reprise du boulot prenant 10 semaines plus tard grand max, pédagogie classique et crèche à temps plein.

Alors comment fait on quand on est une maman qui bosse (et qui kiffe son boulot), tout en allaitant un peu longtemps (8 mois) un bébé vacciné qui déteste le portage physio (malgré l’essai de trois écharpes et Manduca à de multiples reprises) mais s’endort dans les porte bébés pas du tout physiologiques en 5 minutes. Le même bébé ayant dormi 6 mois avec nous (avec une tétine) parce que c’était le seul moyen qu’on dorme bien tous les trois, qu’on n’a jamais laissé pleurer parce que ça me déchire les tripes au bout de 30 secondes. A qui on tente d’apprendre quelques signes pour mieux communiquer. Entre deux gardes de 24h. Euh …

Ben on s’en prend plein la tronche de tous les côtés ! 🙂

Par les A, qui regardent avec dédain et pitié notre loulou dans son beau porte bébé de rando alors que leur petit dort dans le Manduca en position physio (vécu hier !). Par ces mêmes A qui me disent que j’aurais du prendre un congé parental, car rien de mieux que sa maman pour un bébé (Va dire ça à mon boss et mes collègues qui ont passé l’hiver à faire ma part du boulot pendant mon congé mat’, gardes de nuit comprises). Mais qu’en même temps, vu mon choix de carrière, clairement, c’est incompatible avec une vie de famille. D’ailleurs, on devrait hystérectomiser les filles qui font des boulots prenants, ça résoudrait bien des problèmes.

Si si, ces mots là sont sortis de la bouche de tantes, « amies », et ça fait pas du bien, surtout quand on fait de son mieux pour tout concilier. Ici, on est assez convaincu par le package A (en partie), mais on pense aussi que 12 ans d’étude, c’est pas pour devenir mère au foyer à temps plein, déconnecter du milieu scientifique, et ne plus jamais retrouver de job dans ce secteur si compétitif. Et en plus je déteste le ménage.

Puis vient la troupe des B, les copines indépendantes qui ont câlé leur bébé dès la naissance, 4 bibs par jour et obtention des nuits complètes à 1 mois (avec coupure du babyphone et fermeture de quelques portes 🙂 ), qui nous prennent pour des hippies parce que j’allaite toujours (moi je les aime bien les hippies!), qui nous regardent de travers quand notre fils commence sa nuit à 18h après une grosse journée à la crèche et qu’on refuse de le réveiller à 20h pour « le rythmer », et qui nous expliquent qu’il serait temps qu’on coupe le cordon. Oui oui, couper le cordon avec son bébé de 8 mois, vous avez bien entendu. Et qu’il faudrait aussi qu’on le câle avec des coussins pour lui apprendre à tenir assis car à 8 mois, il n’aurait pas du retard ce petit Nano (qui préfère jouer avec ses petits doigts et raconter que de gambader)?

Les enfants de tous ces copains, proches, et autres, ne vont pas mal, bien au contraire. C’est donc bien que toutes ces mamans, si différentes, font bien leur job de maman, et qu’elles sont les meilleures mamans pour leurs petits à elles, ces enfants avec leurs particularités, leurs caractères, leurs besoins.

Finalement, quand on n’était pas parents, on participait pas trop et on respectait leurs façons de faire, car on n’y connaissait rien, et maintenant, en fait, on réalise que ça ne nous intéresse pas trop de savoir que Machine laisse pleurer et que Trucmuche est un monstre car elle a porté son petit dans un BabyBjorg alors que la Storch, y a que ça de vrai.

Du coup, ce joli monde de parents qui se font la guerre, maintenant on l’ignore, on arrête de se justifier, et on fait à notre mode ! Retour à la case départ, on est de nouveaux les gens qui refusent les discussions de parents, surtout ceux « qui font tout mieux que les autres parce que mon gosse il a fait ses nuits à une semaine » et les comparaisons de méthodes, techniques, bébés… Argh, ils ont toute la vie pour découvrir le monde compétitif et les classements non ? N’empêche, la technique du hochement de tête avec le petit sourire « cause toujours tu m’intéresses », ça marche plutôt pas mal comme réponse aux petites phrases qui piquent et regards lourds de sous entendus.

Bref, maintenant je suis maman, mais je ne suis toujours pas à ma place dans le fameux monde des parents. Et c’est tant mieux, parce que les grandes personnes sérieuses, c’est franchement pas drôle. Je préfère de très loin papoter avec mes potes pmettes-mecs (de plus en plus nombreux, ça fait peur)/célib/sans enfants/baroudeurs, ou simplement ceux qui ont fait le choix de ne pas juger… et il y en a peu (mais on les kiffe !).

Sinon pour les petites news rapido, on finit nos premières vacances tous les trois et on en profite bien, c’est très chouette !! On est partis sur une île peu connue des Canaries, c’est super joli, dépaysant, volcanique et luxuriant, on adore. On réalise aussi ce qu’on ne peut plus faire avec un Nano, et on s’adapte le mieux possible aux siestes, repas, et aux envies de notre petit bonhomme. Envies très claires : Jouer à la mer, debout dans les bras de Papa à taper sur les vagues avec les yeux qui brillent et les éclats de rires qui vont avec, goûter les fruits colorés que ramènent les parents, balader sur le dos de Papa en sommeillant tranquillou dans les descentes (pas les montées), téter à volonté comme un tout petit bébé en plein pic de croissance et surtout, surtout, jouer avec les pinces à linge sur la terrasse du gîte et les aimants sur le frigo. Tout un programme !

Bref, tout va bien, on déconnecte un peu de notre petite vie surchargée, et c’est bien agréable !

Tout en pensant aux copinautes qui publient moins ces jours ci, et qui souffrent d’un énième échec si injuste, d’une attente si longue, voire d’un deuil si douloureux. Des gros gros bisous à vous. Je vous lis tous les jours et espère toujours très très fort pour vous.