Kunduz ….. + Edit

Vendredi soir, j’étais de garde dans ma petite réa de périphérie. On a fait quelques entrées, des personnes âgées, fragiles, qui avaient besoin de soins intensifs. On a fait notre boulot dans une bonne ambiance, avec évidemment quelques sourcils froncés à cause de nos « problèmes » quotidiens. Manque de personnel, direction peu accessible, manque de moyens matériels, la routien, la France.

Et puis, en sortant, j’ai appris la nouvelle. Quelques milliers de kilomètres plus loin, l’hôpital MSF de Kunduz avait été bombardé par les américains. Une bavure.

J’ai eu le privilège d’y passer quelques semaines il y a presque trois ans, et j’en garde un souvenir vivace et marqué. Un petit hôpital baigné de soleil, qui prenait en charge les victimes de traumatismes liés ou non au conflit.

Une douceur ambiante, un calme étonnant dans ce contexte. Un personnel souriant et travailleur. Des sourires échangés. Des situations si dramatiques, avec tellement de difficultés à les gérer sur place, avec si peu.

Quand je suis partie en Afghanistan, toute ma famille a eu si peur pour moi. Je partais chez les sauvages talibans qui provoquaient des attentats suicides et lapidaient leur femme après tout. En plus, je devais porter ce foulard si symbolique et me cacher, ne pas rire trop fort, ne pas courir, rester discrète en toutes circonstances. C’est avec beaucoup d’appréhension que j’avais commencé ma mission là-bas, en tant que jeune femme médecin. Et puis j’ai rencontré les afghans. Ce peuple si digne, si courageux, si optimiste. Si respectueux envers nous, pour peu que l’on respecte leur culture et leur tradition.

J’ai eu la chance de former et de travailler avec une jeune équipe de médecins tout juste sortis du nid, plein d’espoir, si fiers de leur travail. Si haineux de toute forme de violence, bien que n’ayant connu que cela.

Le Dr Osmani était mon ami, c’était un jeune homme souriant qui était pour moi le symbole de ce « nouvel Afghanistan », jeune, dynamique, fier et pétillant. Il m’accueillait tous les jours avec une tasse de thé, afin de me présenter les patients, de me demander mon avis sur telle ou telle prise en charge, et d’échanger tout simplement sur ses joies, ses peines. Il avait eu la joie immense d’être fiancé à une de ses petites cousines pendant mon séjour là-bas, et nous avions fêté dignement cet évènement, avec un buffet de fruits, de noix de cajou et des litres de thé au gingembre.

Le Dr Osmani, comme 20 autres personnes, a été tué vendredi pendant sa garde de réanimation. Il venait de passer une semaine éprouvante à accueillir des centaines de blessés civils, victimes des combats qui font actuellement rage dans le Nord afghan. Le tout sans se plaindre évidemment, ni compter ses heures, malgré les difficultés immenses qui étaient celles de cet hôpital. La toute petite réanimation a été bombardée pendant une heure et demi, brûlant et tuant tous les soignants et les patients qui y étaient enfermés. L’hôpital n’est plus qu’un tas de cendres. Tout ça à cause d’une « erreur » des forces armées de la coalition.

Alors depuis deux jours, mon cœur pleure, et les larmes ne quittent plus mes yeux. Car si pour tous, ce n’est qu’un évènement triste mais lointain, pour moi, Kunduz, c’était tellement plus. C’était la rose qui poussait en plein désert, l’espoir, et la preuve que l’humanité et la neutralité pouvaient avoir leur place dans ce monde dont je n’arrive plus à comprendre le sens.

Alors, bien que les médias aient déjà mis Kunduz aux oubliettes, merci d’avoir aujourd’hui une pensée pour le Dr Osmani, et tous les enfants, patients, et soignants dévoués qui ont été victimes de ce crime de guerre si peu relayé…

Quant à moi, je ne verrai plus jamais une garde « difficile » ici de la même manière .

Merci pour vos pensées.

Édit:
Un grand merci à toutes pour vos jolis mots… Mettre des mots sur mes ressentis et lire vos doux messages m’a fait le plus grand bien.
Par ailleurs, je constate que je reste une grande idéaliste, ayant cru cette histoire de bavure, d’erreur. Il s’avère que l’hôpital a été bombardé volontairement, car les US et le gouvernement afghan nous reprochent notre neutralité et le fait de soigner également des civils talibans en dehors de toute prise de position. Donc, l’hôpital a été éliminé, fin de l’histoire…
http://www.liberation.fr/debats/2015/10/05/afghanistan-pourquoi-les-humanitaires-sont-une-cible-de-l-armee-americaine_1397491?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook

Doctor Ehsan Osmani, 25, worked in the intensive care unit.

La guerre des mères …

Depuis que Nano est arrivé dans nos vies, j’ai eu la chance de rentrer dans ce monde privilégié et très fermé des parents et plus particulièrement des mamans. Ce monde doré que je regardais avec envie de loin auparavant, parfois avec incompréhension. Celui où les gens te disent « faites des gosses », « c’est que du bonheur tu sais, enfin,  tu peux pas comprendre tant que t’as pas vécu ça» « je suis tellement déçue d’attendre encore un garçon, va falloir que je fasse un petit 4ème »; ce monde où les beuveries  soirées entre amis se transforment en soirées diversification, marque de transat, et comparaison des développements psychomoteurs des marmots (bien peu intéressés par tout cela). Ce monde des grandes personnes.

Après quelques mois dans ce monde, je n’y trouve toujours pas ma place. Car oui, je suis la maman de mon Nano, mais moi qui pensais bêtement qu’il suffisait d’avoir un bébé pour rentrer dans le monde des parents, j’avais sous estimé la tâche. En effet, ma première grande découverte en entrant dans ce monde, c’est qu’il  est divisé en deux camps, qui se font la guerre. Et il faut choisir un camp, pour avoir au moins une partie de la populace de son côté, sinon on se fait mitrailler par les deux ! J’ai donc découvert que chez les mamans, s’opposent la catégorie A « Maman proximale » et le camp B « Maman indignedépendante ». Quésako ?

D’abord la catégorie A : La maman proximale a choisi d’être complètement à l’écoute de son enfant, de ses besoins, en fonction de son évolution physiologique et psychomotrice, le tout en respectant la nature. Le package de la catégorie A : Accouchement sans péri, Allaitement long, à la demande, Portage physiologique plusieurs heures par jour, Cododo prolongé, ne pas laisser pleurer bébé, surtout pas de tétine, couches lavables, minimum de vaccins et surtout arrêt de toute activité professionnelle pour ne se consacrer qu’à son bébé, pédagogie Montessori et langage des signes avec bébé.

La catégorie B, c’est un peu tout le contraire : Accouchement médicalisé, séparation précoce avec nuit en nurserie et bébé dans sa chambre dès le retour de la maternité, Tétine&Biberon, heures fixes des repas, couches jetables, et reprise du boulot prenant 10 semaines plus tard grand max, pédagogie classique et crèche à temps plein.

Alors comment fait on quand on est une maman qui bosse (et qui kiffe son boulot), tout en allaitant un peu longtemps (8 mois) un bébé vacciné qui déteste le portage physio (malgré l’essai de trois écharpes et Manduca à de multiples reprises) mais s’endort dans les porte bébés pas du tout physiologiques en 5 minutes. Le même bébé ayant dormi 6 mois avec nous (avec une tétine) parce que c’était le seul moyen qu’on dorme bien tous les trois, qu’on n’a jamais laissé pleurer parce que ça me déchire les tripes au bout de 30 secondes. A qui on tente d’apprendre quelques signes pour mieux communiquer. Entre deux gardes de 24h. Euh …

Ben on s’en prend plein la tronche de tous les côtés ! 🙂

Par les A, qui regardent avec dédain et pitié notre loulou dans son beau porte bébé de rando alors que leur petit dort dans le Manduca en position physio (vécu hier !). Par ces mêmes A qui me disent que j’aurais du prendre un congé parental, car rien de mieux que sa maman pour un bébé (Va dire ça à mon boss et mes collègues qui ont passé l’hiver à faire ma part du boulot pendant mon congé mat’, gardes de nuit comprises). Mais qu’en même temps, vu mon choix de carrière, clairement, c’est incompatible avec une vie de famille. D’ailleurs, on devrait hystérectomiser les filles qui font des boulots prenants, ça résoudrait bien des problèmes.

Si si, ces mots là sont sortis de la bouche de tantes, « amies », et ça fait pas du bien, surtout quand on fait de son mieux pour tout concilier. Ici, on est assez convaincu par le package A (en partie), mais on pense aussi que 12 ans d’étude, c’est pas pour devenir mère au foyer à temps plein, déconnecter du milieu scientifique, et ne plus jamais retrouver de job dans ce secteur si compétitif. Et en plus je déteste le ménage.

Puis vient la troupe des B, les copines indépendantes qui ont câlé leur bébé dès la naissance, 4 bibs par jour et obtention des nuits complètes à 1 mois (avec coupure du babyphone et fermeture de quelques portes 🙂 ), qui nous prennent pour des hippies parce que j’allaite toujours (moi je les aime bien les hippies!), qui nous regardent de travers quand notre fils commence sa nuit à 18h après une grosse journée à la crèche et qu’on refuse de le réveiller à 20h pour « le rythmer », et qui nous expliquent qu’il serait temps qu’on coupe le cordon. Oui oui, couper le cordon avec son bébé de 8 mois, vous avez bien entendu. Et qu’il faudrait aussi qu’on le câle avec des coussins pour lui apprendre à tenir assis car à 8 mois, il n’aurait pas du retard ce petit Nano (qui préfère jouer avec ses petits doigts et raconter que de gambader)?

Les enfants de tous ces copains, proches, et autres, ne vont pas mal, bien au contraire. C’est donc bien que toutes ces mamans, si différentes, font bien leur job de maman, et qu’elles sont les meilleures mamans pour leurs petits à elles, ces enfants avec leurs particularités, leurs caractères, leurs besoins.

Finalement, quand on n’était pas parents, on participait pas trop et on respectait leurs façons de faire, car on n’y connaissait rien, et maintenant, en fait, on réalise que ça ne nous intéresse pas trop de savoir que Machine laisse pleurer et que Trucmuche est un monstre car elle a porté son petit dans un BabyBjorg alors que la Storch, y a que ça de vrai.

Du coup, ce joli monde de parents qui se font la guerre, maintenant on l’ignore, on arrête de se justifier, et on fait à notre mode ! Retour à la case départ, on est de nouveaux les gens qui refusent les discussions de parents, surtout ceux « qui font tout mieux que les autres parce que mon gosse il a fait ses nuits à une semaine » et les comparaisons de méthodes, techniques, bébés… Argh, ils ont toute la vie pour découvrir le monde compétitif et les classements non ? N’empêche, la technique du hochement de tête avec le petit sourire « cause toujours tu m’intéresses », ça marche plutôt pas mal comme réponse aux petites phrases qui piquent et regards lourds de sous entendus.

Bref, maintenant je suis maman, mais je ne suis toujours pas à ma place dans le fameux monde des parents. Et c’est tant mieux, parce que les grandes personnes sérieuses, c’est franchement pas drôle. Je préfère de très loin papoter avec mes potes pmettes-mecs (de plus en plus nombreux, ça fait peur)/célib/sans enfants/baroudeurs, ou simplement ceux qui ont fait le choix de ne pas juger… et il y en a peu (mais on les kiffe !).

Sinon pour les petites news rapido, on finit nos premières vacances tous les trois et on en profite bien, c’est très chouette !! On est partis sur une île peu connue des Canaries, c’est super joli, dépaysant, volcanique et luxuriant, on adore. On réalise aussi ce qu’on ne peut plus faire avec un Nano, et on s’adapte le mieux possible aux siestes, repas, et aux envies de notre petit bonhomme. Envies très claires : Jouer à la mer, debout dans les bras de Papa à taper sur les vagues avec les yeux qui brillent et les éclats de rires qui vont avec, goûter les fruits colorés que ramènent les parents, balader sur le dos de Papa en sommeillant tranquillou dans les descentes (pas les montées), téter à volonté comme un tout petit bébé en plein pic de croissance et surtout, surtout, jouer avec les pinces à linge sur la terrasse du gîte et les aimants sur le frigo. Tout un programme !

Bref, tout va bien, on déconnecte un peu de notre petite vie surchargée, et c’est bien agréable !

Tout en pensant aux copinautes qui publient moins ces jours ci, et qui souffrent d’un énième échec si injuste, d’une attente si longue, voire d’un deuil si douloureux. Des gros gros bisous à vous. Je vous lis tous les jours et espère toujours très très fort pour vous.

Miss Kangourou a rebondi :-)

Tout d’abord, Miss Kangourou voudrait dire un grand merci à toi, la copinaute qui lui a envoyé un gentil petit mot la semaine derrière quand elle n’arrivait plus à rebondir parce que trop pleine de larmes. Ca lui a fait le plus grand bien, comme une petite bulle d’énergie à chaque petit mot, le moral qui s’est regonflé comme un ballon, et le sourire qui est réapparu dimanche! Vraiment un grand Merci.

Rebondir…

Après le vilain coup de mou de la semaine dernière, Miss Kangourou s’est chouchouté un peu cette semaine. N’a pas travaillé du tout ses trucs universitaires. A été se faire papouiller chez le coiffeur et l’esthéticienne. A profité de son DU à Pollution City pour se faire un petit resto avec Mr Choubidou et une petite nuit d’hôtel. Bref, a essayé de passer le temps tranquillou sans trop cogiter et psychoter.

A pris un retard monstre sur son boulot.

Miss Kangourou aime bien en général la première semaine des dpo, celle où la pression « procréative » est retombée. Cette semaine là, elle n’espère rien, n’interprète rien, ne se met pas la pression pour le poney avec Choubidou, n’a pas de SPM de marde, bref, c’est en général une semaine plutôt agréable.

Vive la progestérone…

Côté symptômes, grâce à l’utro-dégueu (alias le bonbon fondu d’après Choubidou), elle a les seins qui sont bien gonflés et douloureux depuis le début des prises, elle a pris un vilain kilo au moins (le chocoloat de la loose a du jouer, mais elle préfère incriminer le traitement J ). Et elle fait des rêves. Mais alors pour le coup, pas des jolis rêves, bien au contraire, des rêves très angoissants. L’autre jour, elle a rêvé qu’elle réanimait sans succès son petit frère pendant des heures. Cette nuit, que Choubidou la quittait, la trouvant inintéressante et ennuyeuse (et stérile). Et autres rêves bien épuisants, si réels et déstabilisants. Des rêves de solitude et de détresse, pas de rêves de bébés (pour le moment).

L’avantage de l’utro, c’est que pour une fois, elle n’interprète pas les symptômes, ayant tous ceux de la grossesse depuis une semaine. Au moins c’est clair.

Le Club des cinq

Miss Kangourou a fait ses études de médecine dans le Club des Cinq, petit groupe de cinq copines qui ont partagé le stress des examens, les soirées de folie, quelques vacances, les histoires d’amour qui se sont faites et défaites pendant les 10 dernières années. Elles ont toutes été mamans en C1 sur la dernière année. Toutes enceintes en même temps. Gloups.

Hier soir, Miss Kangourou a été chez l’une d’entre elle, Miss Parfaite. C’est une copine agaçante, car jolie, gentille, sportive, voyageuse, avec une vie parfaite, elle a fini son internat depuis plusieurs mois, a un chouette boulot, une belle C1-ptitefille et un mari tout aussi adorable. Le genre de personnes qui te donnent l’impression d’avoir une vie de merde à côté. Mais que Miss Kangourou aime bien quand même, ben oui, Miss Parfaite n’y peut rien si tout va bien dans sa vie! C’est la famille de blonds de Gad Elmaleh en gros. Alors que Miss Kangourou était toute contente d’évoquer le voyage de mars qui se précise, dans les Caraïbes, Miss Parfaite a évoqué son voyage au ski de février à venir, à New York en juin, et le grand trip prévu en août. Arrgh. Et l’annonce de bébé 2 devrait suivre pour septembre (voire avant). Bref, Miss Kangourou était toute envieuse. Mais grâce à sa jolie semaine, elle n’a même pas envie de bitcher! En tous cas pas sur Miss Parfaite, dont elle n’est pas réellement proche en plus. Ah si, juste un petit bitchage, quand Miss Parfaite leur a expliqué avec des larmes plein les yeux qu’on lui avait « volé » son accouchement (elle a eu une césarienne, le drame de sa vie parfaite), Miss Kangourou l’a regardée un peu de travers genre « moi on m’a volé le droit d’être maman dans ce cas ». Miss Parfaite a changé de sujet 🙂

Par contre, Miss TicTac, la deuxième copine présente, elle n’a pas assuré. Déjà le coup du « et alors, t’en es où avec ta gynéco? » à l’apéro, puis « t’as fait une stimulation ovarienne?? » 2 minutes plus tard, méga bof. Surtout venant d’une « copine » qui est sensée être une amie proche, qui a eu trois semaines de vacances à la maison en janvier, et n’a pas pris une minute pour dégainer son téléphone et appeler Miss Kangourou, alors que le timing des IAC n’était pas particulièrement un secret, loin de là. Par contre, l’interroger devant tout le monde, les conjoints et les bébés, même discrètement, comme si on évoquait le nouveau canapé Ikéa acheté en solde, ça ne l’a pas dérangée. Evidemment Miss Kangourou a changé de sujet direct et assez sèchement, expliquant que ce n’était pas un sujet à aborder en groupe. La prochaine fois elle lui parlera contractions utérines, saignements vaginaux et sécrétions utro-dégueu, ça la calmera.

Ceci dit, Miss TicTac n’ayant aucunes difficultés à expliquer sa rééducation périnéale et son épisio à table, elle ne doit pas saisir la dimension privée de toute cette marde. C’est vrai qu’une bonne partie de la tablée était médicale, mais c’est pas une raison non? Ca relève des confidences entre copines, pas du domaine public. Elle semblait plus curieuse que réellement intéressée par la PMA de Miss Kangourou et Choubidou d’ailleurs.

La troisième copine, Mme Compliquée, a un vécu un peu particulier, puisqu’elle a vécu une IVG pour sa première grossesse, devant une écho T1 inquiétante avec un risque de handicap mental, et qu’elle a mis un an à s’en remettre. Et est retombée enceinte en C1 l’année d’après, a vécu une grossesse un peu difficile, et se plaint beaucoup des difficultés de la maternité. C’est le genre de copine qui te dit « profite » quand tu parles de tes soucis. Elle a fait des progrès depuis qu’elle a enfin admis que Miss Kangourou était réellement infertile. Mais sans plus.

Heureusement, la quatrième copine, DocGynéco, elle est au rendez vous! C’est une gentille copine, qui a eu tellement peur pour sa fertilité (mère ménopausée à 35 ans), qu’elle a fait une AMH, plutôt basse d’ailleurs l’an dernier, et qu’elle a du coup motivé son amoureux à lancer les essais bébés très vite, résultat: un magnifique petit C1-Ptitgars (Miss Kangourou précise, afin de s’habituer à la circulaire, au moins vous savez tout sur le mode de conception de ces petits). Cette copine là, elle assure, elle a appelé Miss Kangourou ou envoyé des messages tout au long de la stim, étant elle même interne de gynéco, elle connaît un peu la PMA, et elle a été un vrai soutien pour Miss Kangourou. Elle a elle même fait un petit stage en consult PMA, et a l’air d’avoir saisi le bordel émotionnel associé à ce parcours.

En réalité, Miss Kangourou et Mr Choubidou ont plein d’amis, qui font de leur mieux, mais qui sont parfois un peu maladroits, comme eux même devaient probablement l’être auparavant. Et Miss Kangourou préfère largement les maladresses au silence gêné qui était apparu après l’annonce de l’infertilité, les sujets « grossesse » et « bébé » étant devenu tabou (compliqué pour trois femmes enceintes).

Bref, voilà pour la semaine de Miss Kangourou, assez chargée, mais un peu hors PMA, et ça a fait du bien!

Elle a quand même lu vos blogs, pleuré de tristesse pour certaines, de joie pour d’autres… DNLP est si cruelle et intransigeante parfois.

Pour le résultat de ce premier essai, ce sera probablement une prise de sang à 13 DPO jeudi, ou samedi. Pas le jour de la Saint Valentin. Miss Kangourou et Choubidou détestent cette fête commerciale et niaise, mais ne veulent pas y associer une nouvelle déception. Et vendredi, ils babysittent ChoupiBaby, alors vaut mieux pas tout mélanger.

En attendant, mission boulot boulot, c’est reparti!!

Dans la famille de Miss Kangourou, je demande ….

Attention article long et intime, et pas drôle, voilà, vous êtes prévenus!

Dans la famille de Miss Kangourou, je demande…

La Fille: bon ben ça c’est la Miss Kangourou, tu la connais déjà, rien à ajouter (sauf qu’elle se pique ce soir pour la première fois si elle se décide à passer à la pharmacie chercher le stylo Gonal un jour, mais qu’elle a peur, et que Mr Choubidou phobique des aiguilles a promis de lui faire sa piquouse si elle bloque, ça promet, on est pas sortis 🙂 (Miss Kangourou s’imagine déjà avec le stylo planté dans sa jambe et un Choubidou en plein malaise vagal à côté)

Il y a eu une petite Fille avant Miss Kangourou, le PetitAnge, mais elle est partie à l’âge d’un mois d’une mort subite du nourrisson, et n’a donc pas connu sa petite soeur.

Miss Kangourou est donc la grande sœur.

Le Fils n°1: SuperBroz. Lui c’est le complice de Miss Kangourou, ils sont très proches et il est celui qui repère les larmes cachées de Miss en soirée, ou les moments où il ne faut pas lui mettre ChoupiBaby dans les bras parce que c’est pas le moment…

SuperBroz est le petit frère et le grand frère à la fois de Miss Kangourou, il a failli faire le même métier qu’elle, mais après moultes complications de sa scolarité à la Grande Faculté des futurs toubibs, il a tout largué pour devenir un pro du montage audiovisuel. Il a de chouettes projets de société avec Mr Choubidou. SuperBroz a un petit garçon, ChoupiBaby, filleul de Miss Kangourou, et est un papa merveilleux et hyperprésent avec son bébé. Super Broz est le plus protecteur des petits frères, Mr Choubidou n’a qu’à bien se tenir !

SuperBroz a épousé PrettySis’ en septembre dernier, la meilleure amie de Miss Kangourou. PrettySis’ est une super copine et belle soeur, la plus présente dans toute cette sombre histoire d’infertilité, du genre à lui demander « et toi, comment ça va le moral? » deux heures avant son mariage, comme si elle n’avait pas d’autres choses à penser! PrettySis’ sait exactement quand Miss Kangourou va chez le gynéco, et est présente sans être envahissante. Et ChoupiBaby est le plus mignon des petits garçons, un adorable bébé tout en sourires et en éclats de rire, le genre de bébé que Miss Kangourou rêve d’avoir un jour… peut être…

Bref, jolie famille, les alliés n°1 de Mr Choubidou et Miss Kangourou, et même pas de jalousie envers eux qui ne vont pas tarder à mettre en route Baby n°2… et espèrent si fort que nos enfants grandiront ensemble cette fois ci…

Le Fils n°2: LittleTeacher, le petit frère qui a émigré à Pollution City et y exerce avec passion son métier tout neuf de prof de maths section Euro, le tout en ZEP.

Miss Kangourou et lui ont en commun l’amour des voyages et du monde anglo-saxon, la musique (même si ça fait 10 ans que Miss Kangourou ne touche plus à son piano, pas bien). Et ils ont arrêté de cloper le même jour l’an dernier, autre point commun très important! LittleTeacher est un chouette petit frère, beaucoup plus discret que SuperBroz, il ne parle quasi pas de l’infertilité avec Miss Kangourou, mais est au courant depuis un trajet Paris-Lille palpitant au cours duquel Miss Kangourou lui a tout révélé, ainsi qu’au type chelou qui squattait à côté au wagon bar, mais on s’en fout 🙂 LitteTeacher est célibataire à son grand désespoir, et cherche l’amour, mais avec un niveau de timidité digne d’un collégien qui rend les choses difficiles.

Le Fils n°3: Poussin, le bébé frère de Miss Kangourou, treize ans d’écart. Le bébé surprise de sa maman, pas attendu mais très accueilli. Poussin est un ado sans boutons, un peu bizarre, comme tous les ados, assez touchant, intéressé par tout, et idôlatrant tous ses frères et soeur. C’est le bébé qui a prouvé à une petite Miss Kangourou de treize ans qu’elle aimait bien les bébés en fait, elle qui croyait détester ces petits êtres étranges, bruyants et tout rouges. Elle s’est occupé de Poussin comme une petite maman, ça a été le grand bonheur de son adolescence, et après lui avoir donné ses biberons pendant des années, elle lui sert maintenant ses premières bières light aux soirées… Poussin est très mûr pour son âge, et espère très fort qu’il sera rapidement un Tonton Poussin.

Le Papa: Un gentil papa très doux et très fier de sa tribu. Il est également un chouette papy pour ChoupiBaby, c’est tellement naturel pour lui. Il a toujours préssenti que Miss Kangourou et Mr Choubidou auraient des difficultés pour concevoir leur Baby, et chouchoute sa grande fille le plus possible à coup de petits plats et autres petites cartes personnalisées…

La Maman: Miss Kangourou pourrait écrire un billet entier, et même un livre sur sa maman, et leur relation si particulière. La Maman de Miss Kangourou vient d’une grande famille des îles à cocotier, elle a connu une enfance difficile, avec des parents froids, désinvestis et violents, a été finalement éduquée par des nounous avec ses frères et soeurs une fois que sa maman à elle est partie élever sa petite dernière avec son nouveau mari. Elle a rencontré son mari très jeune, l’a épousé six mois plus tard, et n’a jamais divorcé. Les parents de Miss Kangourou ont pourtant une relation difficile, avec une maman très autoritaire et un papa parfois très passif. Miss Kangourou aurait tout donné pour qu’ils arrêtent cette relation destructrice il y a 20 ans.

La Maman de Miss Kangourou n’a pas été ce qu’on appelle une bonne maman, car trop sévère. Elle a tout fait pour que Miss Kangourou et ses frères aient une éducation parfaite, accès aux activités de leur choix, au prix de beaucoup de sacrifices, et ils n’ont jamais manqué de rien.

Mais à quel prix… Peur permanente de l’échec, pression de réussite, terribles colères de la maman envers les trois enfants. Envers le SuperBroz qui faisait pipi au lit jusqu’à la préadolescence, envers LittleTeacher qui n’arrivait pas à apprendre à lire, envers Miss Kangourou qui n’était pas toujours parfaite, avait tendance à prendre du poids, etc… Et ce pendant 14 ans. Une enfance dans la peur, un papa immature et impuissant devant tout cela. Une maman qui était pourtant tellement fière de ses enfants, et qui les aimait plus que tout. Compliqué tout cela… Miss Kangourou était la confidente de ses deux parents lors de leurs conflits quasi quotidiens, la confidente et la protectrice de ses petits frères. Pas étonnant qu’elle se soit « casée » à l’âge de 15 ans avec Mr Choubidou, diront les psychologues de comptoir.

Et pourtant, l’arrivée de Poussin a tout changé dans la famille Kangourou. Poussin a été une vraie surprise, la Maman ayant près de 40 ans, un antécédent de salpingite bilatérale, et une contraception sensée être efficace… On est pas tous égaux en fertilité! Poussin a changé les parents de Miss Kangourou, qui l’ont élevé avec tendresse et amour, avec patience… à croire que c’est Poussin qui a éduqué les parents de Miss Kangourou en fait. Après avoir vécu une enfance très difficile et avoir mis une pression terrible à ses trois premiers enfants pour réussir leur vie, la maman de Miss Kangourou s’est enfin détendue, a pris énormément de recul, et s’est rapprochée de ses petits.

Miss Kangourou n’est pas rancunière, et est devenue très proche de sa Maman, lui a pardonné avec les années. Grandir, c’est accepter les imperfections de ses parents n’est-ce pas ? Elle a compris que sa maman a fait comme toutes les mamans, de son mieux, pour que ses enfants réussissent, sans réaliser le cauchemar qu’elle leur faisait vivre, n’ayant rien connu d’autre elle-même.

C’est aujourd’hui son principal soutien dans toute cette histoire, sa confidente, celle qu’elle appelle pendant une heure quand elle n’en peut plus, celle qui la soutient dans son parcours universitaire interminable et difficile. C’est celle qui a accepté qu’elle se marie si jeune. C’est également celle qui a soutenu SuperBroz lorsqu’il a choisi de quitter ses études élitistes pour se diriger vers un BTS le rendant beaucoup plus heureux. C’est une vraie maman qui s’inquiète toujours pour ses quatre enfants. Et finalement, Poussin est un ado cool et heureux avec de chouettes parents.

Miss Kangourou a toujours eu la peur panique de reproduire le schéma familial de violence maternelle présent depuis…au moins trois générations de femmes (mère, grand-mère, arrière grand-mère). Elle n’a pas voulu avoir d’enfants pendant des années par peur de lever un jour la main sur eux, et de recréer cette peur dans laquelle elle a grandi. Elle ne supporte pas la violence envers qui que ce soit, est trop très sensible. Elle est même devenue végétarienne avec le temps 🙂

Et puis SuperBroz, partageant ses peurs, est devenu un Papa, un vrai, alros que c’était le plus traumatisé des trois par cette enfance… et ça a redonné confiance à Miss Kangourou sur ses capacités à être maman…

Mais elle a quand même si peur d’être une mauvaise maman… Elle voudrait être une maman patiente, toute douce, à l’écoute de ses enfants, et souhaite juste qu’ils soient heureux et épanouis, confiants, qu’ils soient prix Nobel ou parents au foyer…  Quand sa Belle Mère lui dit que c’est dans la tête, une petite voix lui dit que c’est peut être vrai, que peut être elle a tellement peur d’être une mauvaise maman que son utérus lui dit non.

Bref, c’était l’histoire familiale foireuse et joyeuse de Miss Kangourou. Et ce soir c’est la première piqûre de stim de sa vie. Si elle va à la pharmacie très vite. Hop hop hop.

Quand copine Baba Cool tire les cartes à Miss Kangourou ….

Miss Kangourou a une chouette amie, qu’elle ne voit pas souvent mais qu’elle aime tout plein, Copine Baba Cool.

Baba Cool est neuropsychologue et a toujours su concilier un esprit cartésien irréprochable avec de la zénitude et autre méditations et aytohypnose…. Elle voyage la moitié de l’année, fait des CDD l’autre moitié, et participe à des travaux de recherche et autres trucs sérieux, et vit avec Mr Hippie, polygame rêveur squatteur…

Mais surtout, Baba Cool est une sorcière (une vraie) qui tire les cartes de tarot à Miss Kangourou et tous ses amis depuis des années. Et le pire c’est qu’elle vise toujours juste et voit des choses très intéressantes. Bien entendu elle n’était pas au courant des soucis de Miss Kangourou lorsqu’elle leur a tiré les cartes hier soir.

Et voilà ce qu’elle lui a sorti :

Une première carte repésentant les choses à faire en 2014 : Réfléchir, se poser, méditer, la carte de la philosophie…
Genre elle cogite pas assez la Kangourou ?

La deuxième représentant les choses à ne pas faire : La carte du hasard et de la chance…
Il faut arrêter de laisser DNLP en totale autonomie, elle avait compris Miss Kangourou !

La troisième étant l’objectif: la carte de la féminité, une jolie dame entourée d’étoiles…
Ze carte de la maternité !

Et la quatrième la façon d’atteindre ce Goal ultime : Deux voies différentes se complétant et se répondant, de couleurs différentes…

Troublant non ? D’autant plus troublant que Miss Kangourou est déjà en train de se renseigner sur les démarches d’adoption… Oui, c’est très très tôt, et c’est le tout début du parcours, et Mr Choubidou n’est pas encore tout à fait prêt à se lancer là dedans.

Mais adopter un enfant, c’est un projet qu’elle a toujours eu avec Mr Choubidou, projet mal défini mais présent dans leur cœur depuis bien longtemps… Et Miss Kangourou n’est pas sûre d’être prête à tout tenter en PMA, n’est pas sûre d’avoir la force d’enchaîner des FIVs, ne se voit pas (pour le moment) faire appel au don de gamètes et tout et tout… A été traumatisée par sa fausse couche, et a très peur d’en faire d’autres, et ne veut pas revivre cette souffrance … ne veut pas voir la PMA comme une obligation et comme le seul moyen d’avoir son Baby…

Alors oui, c’est trop tôt pour mettre tout cela en route, mais elle ne veut pas que l’adoption soit un projet réalisé par dépit après avoir tout testé avant, en étant déjà épuisée par tout cela…. Pour elle c’est une façon de devenir maman tout aussi jolie que de mettre au monde ses enfants, et ça lui correspond plus que tout ce bazar médical hormonal piquouzal avec ses embryons congelés et fausses couches si traumatisantes.

Ceci dit, elle n’est pas si nunuche que ça, genre « l’adoption tu vois c’est trop beau et trop facile, on va sauver les bébés africains qui n’attendent que Miss Kangourou, tu vois quoi, petite larme au creux de l’œil…. »

Elle sait (et commence à réaliser) que c’est un parcours sacrément long et compliqué et avec une fin incertaine, demandant une patience d’ange, ça lui rappelle un autre type de parcours… et qu’il faut être mûrs pour se lancer dans ce projet, que concilier les deux parcours est très difficile…

Elle n’a pas encore fait le deuil d’un Baby qui leur ressemble à tous les deux.

Elle espère de tout son cœur que les IAC seront une réussite et lui éviteront de vivre un parcours PMA qu’elle vous trouve si courageuses de mener jusqu’au bout..

Et vous, y avez-vous pensé rapidement ? D’emblée ? Avez-vous mené les deux parcours en parallèle ? Quand avez-vous débuté les démarches pour celles qui s’y sont mises tôt ?

Ca doit vous paraître ridicule qu’une si jeune PMette que Miss Kangourou s’interroge sur tout cela si vite, mais ce blog est sensé être un lieu de déversage de pensées interdites non ? 🙂

Bisous les filles