Dans les starting-blocks …

Les deux cycles de pause sont en train de passer à la vitesse de l’éclair. En même temps les cycles de 23 jours ça revient vite, merci l’IOP.

L’opération Gertrude est en cours de foirage. Malgré des séances de poney péri-ovulatoires parfaitement programmées et romantiques, le C1 de pause s’est conclu par un J1 surprise en pleine séance de réanimation intensive au taf, un grand moment. Mais étant donné que mes règles ont été peu abondantes et que j’avais quelques nausées, j’ai réussi à me dire que probablement j’étais enceinte et que mes saignements étaient une nidation. Pendant trois heures au moins. Même que j’ai cherché désespérément une pharmacie ouverte pour confirmer mon hypothèse si fondée scientifiquement. Avant de réaliser mon degré de niveau doctisssimesque et d’aller picoler un bon coup en soirée pour oublier ces délires de débutante C1.

Quant au C2, me voilà en train d’ovuler comme jamais. J’ai de la glaire filante comme dans les bouquins (miam !), les boobs sensibles (ça te manquait mes boobs ? 😉 ) et un ovaire gauche qui pique. Pas de bol, je suis de garde, et séparée de mon cher et tendre jusque demain soir. C’est dommage, le bébé couette miracle n’attendait que nos câlins pour s’inviter et faire de nous le nouveau couple qui devait commencer la FIV et puis pouf enceinte ! Zut et re-zut.

Du coup, nous voilà dans les starting-blocks pour la FIV.

Consultation d’anesthésie, check. 1min30 pétantes. 35€ la minute 30, c’est plutôt bien payé pour poser trois questions et regarder ma luette. Le mec a quand même réussi à me caser « Venez avec des ondes positives sinon ça marchera pas ». Avec sa grosse chaîne en or et les tâches de sang sur sa blouse pas changée, c’était vraiment un sketch. Me suis retenue de lui dire qu’on avait le même diplôme et que ses ondes positives il pouvait se les mettre à un endroit bien glorieux, vu ses compétences tout aussi limitées que les miennes en PMA. Me suis contentée de faire « Aaaah » (pour cette fameuse luette). Et de signer le devis pour le dépassement d’honoraires à venir pour l’AG pour la ponction. Et de regretter d’avoir choisi la réa en hôpital public plutôt que l’anesthésie en clinique privée. (Ou pas).

Ensuite c’était consultation d’ostéopathie, pour travailler le bassin, optimiser la poche kangouresque et en faire un endroit douillet et accueillant. Je suis arrivée de bonne humeur, bien décidée à me faire chouchouter en papotant avec mon ostéo préférée. Qui n’était pas en forme et a passé la séance à me raconter son deuil difficile d’un proche décédé au Bataclan. Grosse ambiance.

Il reste la consultation radiologique pour vérifier le chemin d’accès vers mes ovaires (dans mon centre ce sont les radiologues qui ponctionnent), prévue le 11/03 (un peu juste mais ça devrait passer). Et tout sera au vert pour la FIV (jeu de mots ultra drôle je trouve).

Côté Choubidou, spermo et PDS faits, 5e recueil en 4 mois, mon mec va devenir un conseiller en branlette médicalisée à ce rythme. Je le vois bien rédiger le guide du pmec : Les magazines de charme disponibles, les différentes salles, comment bien viser dans le petit pot… Tout un business à développer !

Entre deux, on a fait une première consultation au CHU de notre coin, pour un 2e avis, suite au coup de massue reçu fin janvier. Chouette gynéco très humaine et psychologue, qui a tout de suite cerné notre état d’esprit. Compris qu’on n’était pas capable de foncer en FIV DO sans être sûrs que mes gamètes étaient périmées définitivement, surtout avec un Nano encore petit. Pressés de faire la PMA car IOP, oui, mais le DO, pas tout de suite. Elle nous a rassurés en nous disant qu’elle proposerait peut être une deuxième FIV si la première foirait, puis des FIV sur cycle semi-naturel sans grosse stimulation. Le tout en fonction de ma réponse à la FIV1, qui ne serait donc pas une FIVU. La porte ne nous sera donc pas fermée après la FIV de mars a priori, grâce à mon jeune âge de damoiselle. En tout cas, on a rencontré quelqu’un de bien, qui nous a proposé des techniques peu pratiquées à l’heure actuelle dans ma région, et cela nous a beaucoup rassurés. Merci Bounty pour cette gynéco formidable que j’espère ne jamais avoir revoir pour cause de FIVU positive.

Donc avec tout cela, le décrochage psychologique de la PMA, ça n’a pas trop fonctionné pendant cette mini pause. Et du coup ça ne va pas terrible dans ma petite tête.

C’est simple, je mange PMA, je dors PMA, je travaille PMA, je vacances PMA (et je blogue PMA pendant ma garde). Ça prend plein de place, c’est juste obsédant. J’avais oublié à quel point ça pouvait être épuisant tout cela. Du coup crevée la Miss K, les vacances tant attendues ont été reposantes mais pas décrochantes.

La semaine type chez les kangourous « en pause » entre les IAC et la FIV :

Le lundi : organisation logistique de la FIV et timing de J1-J12-ponction-gardes ; le mardi, comparaison PMA classique/médecines parallèles ; le mercredi, réflexion éthique autour du don d’ovocytes ; le jeudi, c’est revue de presse/doctissimarde/Gogolage FIV et AMH à 0.1/0.2/0.3 etc… Vendredi, c’est ovulation partie, mission Gertrudage. Et le week-end, on papote de tout cela avec Choubidou. Avant de recommencer le lundi.

Pendant ce temps utilement optimisé à se détendre l’esprit n’est-ce pas, tout autre projet semble irréalisable. Les vacances ont donc brillé par une absence totale d’avancée sur les missions en cours (=déballage de cartons, déco, mémoire de fin de spécialisation, etc..). Sans pour autant apporter le moindre repos, merci les insomnies et le psychotage intensif. L’impression d’être au pied de plusieurs montagnes à franchir (pro et perso). En apnée.

Et dans les rares moments où je ne pense pas PMA, les annonces de grossesse et naissances de deuxième enfant pleuvent, tous les jours en ce moment. Ma collègue enfin enceinte qui ne parle que de son bébé (déçue, une petite fille, trop nul), (tout en me soutenant pour la PMA, elle est quand même drôlement chouette pour une PB). Une amie proche qui vient d’accoucher ce weekend de son petit deuz. Dernière en date, une grossesse gémellaire spontanée chez la femme de mon cousin déjà maman. Toute ma famille ne parle plus que de ça. Non mais franchement, comme si les fertiles avaient droit aux grossesses gémellaires ? C’est censé être réservé aux pmettes bordal. Non ? Bref, me voilà cernée. Alors que depuis la naissance de Nano, le monde entier s’était arrêté de procréer. C’est simple, Nano n’a aucun copain de son âge ou plus petit. Mais une fois la PMA2 démarrée, DNLP a lancé le signal de démarrage à tous mes proches pour leur petit deuz ou troiz. Joie et Bonheur.

Côté boulot, ma FIV reste top secrète, pas eu envie de parler de tout cela avec mes collègues, on est une équipe soudée mais je préfère garder ma vie intime pour moi. Pas envie que la PMA empiète même sur mon échappatoire tafesque. Alors on tente la discrétion, avec l’aide de ma collègue-PB. Si les calculs sont bons et que J1 se pointe aux environs du 6/3 comme attendu, cette FIV devrait passer incognito au taf. En comptant 3 jours d’arrêt post ponction (absence déjà prévue pour une formation finalement annulée). Ok, c’est un plan foireux, mais je bloque complètement à chaque fois que j’essaie d’aborder le sujet, alors je fais l’autruche et me dis que ça peut rester mon secret.

Tu les vois les nœuds dans ma tête ?

Tout cela pour dire que j’ai la plus grande admiration pour mes copinautes toujours sur le quai depuis toutes ces années. Avec une vie « parfaite » et un Nano en super forme je suis en mode loque névrosée à deux doigts de me mettre sous gougouttes calmantes après 5 mois de reprise pmesque à peine. Je ne sais juste pas comment vous réussissez à enchaîner toutes ces tentatives avec le smile et la rage d’y arriver. Vous êtes mes héroïnes les filles.

Voilà pour les nouvelles de la famille kangourou. Y a plus qu’à.