Une claque en trois temps.

Depuis la reprise de la PMA, on a enchaîné trois protocoles sans interruption.

Il y a eu l’IAC1. Celle où nous sommes allés à reculons, parce que notre bébé était vraiment trop petit, qu’on ne voulait pas y retourner, mais que quand même, il fallait bien, car on aimerait tant agrandir la famille. Cette IAC qui a rimé avec douleurs, sevrage, colère, perplexité. Se relancer si tôt sans savoir si c’était vraiment nécessaire. Tellement de Gertrudes réussissent leur 2e en C1 d’après nos proches, pourquoi pas nous ? La grossesse n’est elle pas le meilleur traitement de l’infertilité ? Et puis l’AMH, c’est un marqueur récent, discuté, controversé même. En insuffisance ovarienne, moi, vraiment ? Quelle idée de se lancer dans une PMA si vite, entre le déménagement, le mémoire, le bébé. Drôle d’IAC. A peine le temps de commencer à se prendre au jeu. Des piqûres maladroites, des échographies sans tenue adaptée (tunique longue), à peine quelques étoiles dans les yeux devant les follicules. Le négatif a été plutôt bien vécu, il faut bien avouer que l’envie du 2e et l’angoisse de l’échec n’avaient pas eu le temps de se faire un chemin dans nos têtes surbookées. Même qu’on nous a dit que ça avait pas marché parce qu’on n’y pensait pas assez, qu’on n’était pas prêt. Si si ! Ironie du sort.

Et puis l’IAC2. Celle où on y croit, surtout Choubidou, car celle qui avait marché pour le Nano. Et puis celle où on commence à se projeter, à rediscuter prénoms, chambre, date d’accouchement, écart d’âge et organisation pour les vacances (oui, on se projette pas à moitié). Et puis la réponse de marde à la stim. Et l’angoisse qui commence à se pointer. L’IAC faite sans y croire, le le J1 qui se pointe 10 jours plus tard comme une fleur. Oups.

Et enfin l’IAC3. Allaitement 100% sevré, Sp*ciafoldine quotidienne, piquouzes rodées, grosses doses de Ménop%r, l’endomètre triple feuillet, épais, ciblé, parfait. Les deux gros follicules. Les jumeaux pour cet été. L’envie bien présente et qui noue le ventre cette fois ci. L’émotion en imaginant Nano grand frère. Et puis cet oestradiol, si bas et décevant, cette échographie de contrôle qui ne montre pas la croissance folliculaire attendue. Et cet espoir fou quand même présent suite à l’insémination, avec ces mots de la gynéco qui trouve tout parfait, même le taux pourri d’oestradiol. Et puis ce J1 qui se pointe comme le précédent, au boulot, en garde, en plein rush hivernal.

Crevée la Miss Kangourou avec tout ça, + 2kg au compteur, merci les fêtes, la malbouffe et la compensation alcoolique des J1. Les collègues qui s’inquiètent parfois des yeux bouffis par le combo J1/Stim/Fatigue, les retards au boulot avec les échos endochattales du matin, la médaille de l’employée de l’année ne sera toujours pas pour 2015 !

No big deal : Fini les IAC, bonjour la FIV ! En attendant le fameux rdv déjà prévu avec la gynéco PMA depuis le jour de l’IAC3 (elle ne devait pas y croire des caisses quand même pour anticiper autant), on se fait un petit bilan de J3 auto-prescrit pour checker la réserve ovarienne et voir pourquoi la stim est si décevante. Bordal j’avais des follicules de folie avec des taux d’E2 à plus de 500 il y a deux ans. A J12. Là on a atteint misérablement les 200 à J15. Kesako ?

Résultats du bilan de J3 : FSH à quasi 11UI/l, et surtout … AMH à 0.19ng/ml. Effondrée l’AMH. Bye bye la réserve ovarienne. Confirmée et avancée l’IOP. Passer de 0.8 à 0.2 en 6 mois de PMA, check. Voir s’envoler une FSH toujours restée rassurante, check. La claque.

Finalement, cette IOP, c’est une claque en plusieurs étapes. Il y a deux ans, une IO suspectée, débutante, qui permettait de sortir de la case si inconfortable de l’infertilité inexpliquée et d’avoir droit à une prise en charge pmesque rapide. Et efficace. Alors certes, l’annonce diagnostique avait été brutale et peu rassurante, mais vu ma super réponse de l’époque aux stim, une partie de moi continuait à croire que peut être, on avait été impatients et que Nano serait arrivé sous la couette avec le temps. Mais on avait rien à perdre, alors tant pis pour les copines psychiatres qui se prennent pour des gynécos AMP version « c’est dans la tête, je suis psy, je le sais », on avait fait les IAC, et on avait eu le bonheur de voir arriver le Nanoboy. Limite elle était cool cette IO si peu avancée, qui nous donnait droit au billet express pour le bonheur une fois diagnostiquée.

Et puis la 2e claque d’août dernier, l’IO qui semble avoir évolué, un CFA et AMH qui baissent drôlement en trois ovulations (grossesse et allaitement). Mais des marqueurs qui restent pas si catastrophiques d’après Doc Gynéco. Une IO bien moins sympathique, qui vient nous casser les pieds quand on aimerait l’oublier un an ou deux. Qui nous oblige à foncer. Sans totalement croire que ça changera quelque chose à ma réponse à la stim (mais quand même un peu plus).

Et puis la claque finale, cette IOP qui est passée de douteuse à réelle et avancée.

Du coup, le rdv FIV est tombé à point nommé à J6, 8h après réception de l’AMH.

Bilan : la gynéco n’a pas été rassurante. On a bien cru qu’on allait repartir avec notre dossier sans même avoir droit à une tentative de prise en charge. Elle nous a finalement proposé une FIV bourrin, alias une FIV avec grosses doses de Menopur, en protocole court antagoniste pour éviter que mes ovaires ne se réveilent pas si on les bloque trop fort. Enfin un début de FIV, avec écho précoce pour vérifier que plus de trois follicules, sinon, game over, on arrête tout. Cette FIV sera a priori une FIVU, car si échec, elle ne voudra pas réessayer sachant nos faibles chances avec mes gamètes de la mort. Sauf si beaux embryons, dans ce cas on aura droit au package total, mais elle est très pessimiste. Elle qui balayait mes questions sur le DO d’un revers de main il y a 6 mois a recommencé à m’en parler comme de l’option qui serait sans doute la nôtre dans quelques temps. Gloups.

Voilà comment on passe de l’infertilité inexpliquée option légère IO débutante suspectée à l’IOP avec AMH effondrée avec droit à une FIVU puis bye bye les gamètes !

Du coup voici le plan d’action :

  • FIV en mars, dans un cycle et demi. Stimulation Ménopur 300UI de J1 à J6, écho « ça passe ou ça casse » à J6, ponction à J12-14, et éventuel transfert de 2 embryons J2-3. (et accouchement des chérubins pour Noël) (on a dit pas de projection)
  • 2e avis au CHRU de mon coin dans une semaine. Notre cas est passé de simple à désespéré (si on en croit la tronche blasée de ma gynéco devant mon AMH de mamie), du coup on va voir les universitaires.
  • Avis pontes parisiens. Rdv pris dans deux mois avec deux renommés spécialistes des beaux quartiers de la capitale. On va aller se ruiner un peu pour le plaisir, pas question de renoncer à mes gamètes merveilleux et irremplaçables sans avoir tout tenté. Merci aux copinautes pour les adresses !
  • Opération couette. Les nanas en IO sont du genre à faire des bébés couettes. C’est Doctissimo qui l’a dit. La preuve, la moitié des nénettes en IO avec des AMH de marde ont fini avec un bébé couette d’après mon étude réalisée sur une dizaine de signatures de forumeuses en IO ultra sévère « Ovulette69 binomette de poilue66 et marraine virtuelle de Bibou5, AMH à 1.2 – Gygy dit ke c’et foutu aidé moi les fiiiiiiiiille –– Bb1 surprise est arrivé, ❤ ❤ ❤ ». Donc d’ici la FIV, c’est reparti pour le poney programmé, youpi ! En vrai j’y crois au bébé couette. 5% de chances par cycles a dit Pubmed (un peu plus fiable que Docti).
  • Se renseigner sur le DO. Cheminer un peu sur le sujet. Un bébé DO après un bébé bio, ça peut être particulier. Surtout quand le bébé bio n°1 est une copie conforme de moi-même. Si vous avez des lectures ou blogs à me conseiller d’ailleurs, je prends.
  • Mettre des sous de côté pour 2017. Un DO ça coûte cher, et ça se prépare. Surtout qu’avec le peu de réflexion déjà commencée, on partirait sur un DO anglais ou danois avec levée d’anonymat possible à la majorité de miniNano. Idéalement un partage d’ovocytes avec une donneuse pmette plutôt qu’une donneuse « altruiste » pure. Bref, tout cela coûte cher, et se prépare longtemps avant.
  • En attendant, profiter des six semaines de vacances « hormones free » qu’il me reste : pas de Gonal, Menopur, pas d’hormones de femme enceinte, pas de prolactine d’allaitement, rien, pause. Repos. Ouf.
  • Profiter du petit bonhomme qui fait ses premiers pas sous nos yeux attendris et émerveillés, réaliser chaque jour la chance immense qu’on a de l’avoir lui, et envisager tout doucement une vie à trois plutôt qu’à 5 ou 6 comme dans nos rêves les plus fous. Penser très fort aux copinautes qui restent encore sur le quai en ce début d’année. Carotte, Julys, PetitOeuf, Litte Wife, Petit Hérisson, Simone, ILGC, et tant d’autres.
  • Envoyer enfin mes cartes de vœux qui ne sont toujours pas finies. Promis, je fais cela très très vite !