PMA & Allaitement ou comment sevrer un Nano en trois jours …

Alors promis, c’est la dernière fois que je te gonfle avec mes boobs. Avant le prochain MiniNano (si si, on y croit). Mais je pense que ça peut aider certaines pmettes allaitantes d’avoir quelques infos, j’ai eu bien du mal à en trouver quand je me suis retrouvée dans cette situation.

Quand s’est posé la question de la reprise précoce de la PMA à cause de ma réserve ovarienne de mamie, Nano avait 9 mois, et une des premières questions que je me suis posée, c’est « oui mais l’allaitement dans tout ça ?? »

Ben oui, après avoir contourné les obstacles multiples de la première année, crevasses, candidose, tire-allaitement au boulot, et chutes de lactation inquiétantes, c’est avec bonheur que j’ai découvert les joies de l’allaitement « long » , avec lactation automatique adaptée au petit père, sans fuite ni engorgement, sans bobo ni tirage intempestif (vive la diversification). L’allaitement d’un grand bébé, ce lien si spécial, cette complicité si présente. Ces moments de douceur dans le calme de la nuit, les tétées de retrouvaille si urgentes sur le parking de la crèche, les tétées réconfort quand les petites dents font leur chemin douloureusement, celles du matin à peine éveillés, celles qui soulagent les oreilles dans l’avion. Celles pour rire et jouer. Et tant d’autres… Cette façon de materner et d’accompagner son bébé en douceur dans les différentes étapes de sa vie de tout petit garçon.

Bref, ce qui me semblait bizarre, farfelu et un peu hippie voire même carrément malsain, est devenu une évidence progressivement. Je voulais continuer ces doux moments jusqu’au sevrage naturel. Pourquoi arrêter un allaitement facile, sans contraintes, qui nous rend heureux tous les trois, alors que le lait maternel reste parfaitement adapté et recommandé pendant plusieurs années ? Dans plein d’autres pays, allaiter un enfant de deux ans et plus est tout ce qu’il y a de plus normal, et les petits bouts allaités longtemps sont tout aussi autonomes que les autres, voire plus, et très sécurisés par ce lien si fort persistant avec leur maman. Donc RAB de l’avis général, j’ai commencé à rêver allaitement long, me suis renseignée sur l’allaitement pendant la grossesse, qui aboutit le plus souvent au sevrage naturel par manque de lait, et ai même lu quelques témoignages de co-allaitement, chose qui me semblait impossible lorsque je considérais les allaitantes de plus de six mois comme des acharnées du boob. Évidemment, il n’était pas question de sortir mes seins dans le métro à tout heure, mais de garder juste les tétées du matin et du soir dans l’intimité de notre maison, j’ai encore du mal avec l’allaitement des grands en public (pas taper pas taper).

Avec la reprise de la PMA, il a fallu se poser la question des trois effets possiblement indésirables de l’association des deux :

  • Les effets des médicaments sur le Nano. Pour ça, un site top, leCrat, qui recense toutes les données sur tous les médicaments pendant l’allaitement.  La plupart des médicaments utilisés en PMA sont en fait des grosses molécules qui ne passent pas dans le lait maternel. D’autres produits notamment anesthésie générale si FIV justifient une pause ou un tirage pendant quelques jours. Quelques traitements sont contre indiqués complètement et justifient un sevrage préalable. De mon côté le Gonal, l’Ovitrelle, le Speciafoldine et l’Utrogestan ne posent aucun soucis. Ce qui fut confirmé par ma gynéco.
  • Les effets des médicaments sur l’allaitement : Officiellement, risque de chute de lactation, que j’ai pu expérimenter, mais de façon modérée, avec nécessité de rajouter des bibs au tétées le soir. Moi, ce que j’ai trouvé difficile, c’est la sensibilité et la fragilité que cela a entraîné, avec l’apparition de f*cking fissurations de la base du mamelon, qui ont cicatrisé difficilement. Argh. J’avais lu ça nulle part, mais chez moi ça a été On-Off avec l’Utrodégueu.
  • Les effets de l’allaitement sur la réussite de la stim/IAC/FIV. Sur ce point capital, les données sont peu nombreuses. Beaucoup de gynéco sont contre par principe. Pas la mienne, qui s’est bien renseignée sur le sujet. Ce que j’avais lu, et qui m’avait été confirmé, c’est qu’à condition de limiter les tétées à moins de trois par jour et d’avoir un taux de prolactine normal et des cycles réguliers, il n’y avait aucune raison que cela ait le moindre effet.

Donc avec tous ces éléments, j’ai bien diminué à deux tétées par jour, matin et soir, globalement bien accepté par le Nano, et de toutes façons obligatoire vu les fissures. Et puis ma prolactine était encore plus basse qu’avant la PMA de toutes façons

Donc pas de soucis, voyants au vert, on a foncé en IAC.

Et puis il y a eu cette réponse de marde à la stim. Deux fois. Expliquée de façon claire par l’IOP.

Mais quand même, cette petite question qui a fini par se poser dans un coin de ma tête. Et si l’allaitement avait un effet quand même négatif sur mes ovaires ? Des données sur IOP/PMA/Allaitement, il n’y en a aucune dans la littérature médicale (en même temps 3% d’allaitement > 1 an en France et IOP 1%, ça limite les cas comme moi). Les témoignages googlisées sur les filles qui ont cumulé stim/allaitement avec succès sont plutôt rares sur la toile, et ne concernaient que des filles avec des infertilités « light » qui étaient sous Clomid seul, ou des couples avec infertilité masculine. Quelques OPKettes. Quelques témoignages de réponses moins bonnes aux stims que pour PMA1 ou de FIV négatives. Chez des filles passées de 40 à 43 ans, donc difficile d’incriminer la lactation seule. Mais quand même…

Du coup, j’ai écrit un mail aux gens qui s’y connaissent. Au Dr Thirion elle-même, star de l’allaitement en France. A la LLL. A Lactissima. Trois réponses me sont parvenues dans les 24h. Toutes de conclure que oui, ça pouvait jouer, que c’était peu probable à une ou deux tétées par jour, mais que de continuer même de façon occasionnelle pouvait avoir un effet négatif sur mes ovulations. Sans certitude.

Bref, avec cette arrière-pensée, impossible de continuer à « gâcher » mes tentatives de PMA en prenant ce risque même infime. Donc bye bye l’allaitement long, bonjour le sevrage.

Vint ensuite la question du timing de ce sevrage. Il fallait trouver un moment où Nano n’était pas malade, faisait ses nuits, était plutôt cool, avant qu’il marche parce qu’après phase crampon = sevrage tendu. Un moment loin d’un déménagement ou autre mini traumatisme de bébé. Un moment si possible avec des vacances pour accompagner cette période un peu difficile pour le lutin. Ce moment, c’était là, maintenant tout de suite. Déménagement prévu dans un mois, poussin en pleine forme, cool et adorable, déjà sevré de ses tétées de jour et de nuit.

Je sais que ça peut paraître bête, un problème de riche, ou de fusion mal réglée. Mais renoncer brutalement à ces moments si privilégiés, si doux, sans anticipation, en abandonnant notre projet de sevrage naturel … Lui donner des bibs de lait de vache alors qu’il sort de deux otites (apparues depuis la diminution à deux tétées par jour …) et qu’on est en plein hiver. Alors qu’il sait maintenant dire « Tété ! » avec un immense sourire quand il sait que c’est le moment… Que c’était devenu si chouette et si facile…

Eh ben ça a piqué. Mais genre, carrément piqué. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps pendant toute la semaine, et je me réveille encore toutes les nuits sans me rendormir. Je suis furax contre mes ovaires qui gâchent toujours tout. Qui refusent de me laisser tranquille, même pour ça. Pour une fois qu’un truc fonctionnait vraiment bien. .

Après trois jours à ne donner le sein plus que le matin, j’ai décidé de donner sa dernière tétée à Nano vendredi soir, dans le noir, pour profiter de ce dernier moment tout doux et parce que retarder l’échéance n’en était que trop douloureux. Je lui ai expliqué qu’il ne pourrait plus téter maintenant, qu’il était grand, mais qu’il aurait des bibs et plein de câlins. Avant de fondre en larmes et de pleurer comme une madeleine pendant des heures. Une vraie fontaine. Sous utro en dpo, ce qui n’aide pas clairement.

La bonne nouvelle, c’est que Nano a été un amour, et accepte le sevrage sans trop de difficultés. Je lui donne ses bibs, et après avoir réclamé deux trois fois avec une petite moue tristounette, il se contente de demander des siestes en porte bébé (Oui, Nano aime le portage physio depuis trois mois, youpi !) et une triple dose de câlins. Que je lui donne avec plaisir.

Et puis, on profite de ces jolis moments des fêtes tous les trois. On fait de la musique ensemble, il danse, chante et fait des percussions sur la table basse pendant que je pianote. Il dit plein de mini mots, et se tient debout tout seul, les premiers pas ne sont plus loin ! Il est de plus en plus espiègle et nous propose des parties de course poursuite à 4 pattes dans tout l’appart… Un chouette bébé.

Bref, Nano a eu sa dernière tétée, Choubidou nous chouchoute tous les deux, et moi je profite de ma poitrine XXL de bombasse le temps que tout cela se régule et que le lait s’en aille. Avec bien les boules quand même.

 

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Autre parcours, autre vécu (ou pas?) + EDIT

Mettre des mots sur ce deuxième parcours pmesque n’est pas évident.

Initialement, je ressentais beaucoup de sentiments négatifs.

Colère de devoir me replonger dans ce parcours si anxiogène, si tôt, à cause de cette IOP qui s’est aggravée biologiquement. Sans y croire vraiment.

Fâchée de ne pas pouvoir profiter tranquillement de mon Nano si attendu jusqu’à ce que l’envie d’un 2e apparaisse.

Triste de devoir sevrer brutalement l’allaitement à la demande de mon serial téteur alors que ni lui ni moi n’étions prêts, juste avant l’hiver (il reste une ou deux mini tétées câlins par jour, mais sans lait ou presque, et avec des seins fragilisés et fissurés par la stim). Et de constater que depuis le quasi sevrage de Nano, il a cumulé deux rhumes, un syndrome grippal et deux otites purulentes (en 1 mois et demi). Lien impossible à établir mais quand même.

Culpabilité aussi, de ne pas nous contenter du bonheur immense d’être parents d’un si chouette petit bout, et de lui imposer les conséquences de nos rêves de famille nombreuse.

Bref, grosse ambiance chez les kangourous.

Clairement on n’était pas prêts à se relancer, avec le Nano qui se réveillait encore deux fois par nuit, le boulot de folie de cette dernière année universitaire, le déménagement et les démarches qui vont avec, la boîte de Choubidou qui peine à décoller et dont le chiffre permet à peine de payer les charges patronales (qui a dit que les chefs d’entreprise étaient des nantis ?). Ce n’était pas le moment pour un numéro 2.

Bref, on a hésité à se lancer, vraiment. Et puis on a regardé notre poussin à 4 pattes en train de courser les chats avec ses yeux qui brillaient, et on s’est dit qu’il lui fallait absolument un compagnon de jeux plus coopérant que nos vieux matous récalcitrants. Et que laisser mes ovaires de marde prendre un coup de vieux supplémentaire juste parce qu’on n’est pas des super héros ne serait pas une solution qu’on assumerait par la suite. Surtout vu le regard inquiet de ma gynéco si optimiste habituellement lorsqu’elle avait prit connaissance de mes résultats d’AMH et d’écho. Qui nous a quand même dit qu’il fallait foncer.

Donc on a mis nos capes de super héros, caché nos cernes de jeunes parents et on a repris la PMA. Les piqûres, ce fut easy, finger in the nose, je me pique dans le ventre, les cuisses, même plus peur. A part la toute première ou c’est Choubidou qui m’a piqué mais s’est trompé de dose et a ressorti l’aiguille en milieu d’injection. Avant de manquer de tomber dans les pommes. Oui, je suis mariée avec un homme fort, viril, et pas du tout aiguillophobe. Un grand moment de couple. Depuis, je me pique toute seule !

J’ai plutôt bien toléré la stim, je me suis juste sentie très fatiguée, mais comme tout le monde en novembre non ? On a fêté dignement l’anniversaire de notre petit bout. Avec une otite hyperalgique de folie le jour même, mais bien mieux en famille le weekend suivant. Même que j’ai versé une petite larme d’émotion de le voir entouré de toute sa grande famille en train de tenter de se cramer le doigt souffler sa première bougie aidé de son cousin.

Et puis il y a eu la première écho de contrôle de la stim, à J12, faite par une gynéco associée que je ne connaissais pas. Qui a révélé deux jolis follicules à droite, un ovaire gauche endormi. Et la colère a laissé place à l’espoir et aux montagnes russes… Le taux d’E2 à 183, si loin des 542 de l’IAC gagnante de 2014 m’a fait un peu redescendre de mon nuage et réaliser que oui, mon IOP avait progressé et que les jolis follicules ne contiennent pas toujours un bel ovocyte mature. Ce taux n’a pas du tout inquiété la gynéco, qui a continué le Gonal 24h de plus avant de déclencher afin de laisser le temps à mes œufs de caille de se transformer en beaux œufs d’autruche.

Deux jours plus tard, retrouvailles avec notre gynéco habituelle, en pleine forme le lendemain d’un marathon (elle en fait 4 par an, et des trails entre deux, une vraie hyperactive). Elle m’a lancée, toute fière, que tout était parfait, que j’avais eu deux follicules, et que : « Vous voyez, tout va bien, ne vous inquiétez pas, vous êtes fertile ! »

WTF ?? Alors si être fertile c’est se taper un protocole de PMA 11 mois après avoir accouché, en urgence parce que AMH à 0.8, au pire moment niveau vie pro et perso, avec une réponse à la stim deux fois moins bonne qu’avant malgré une dose de Gonal augmentée… Bref, j’ai failli lui balancer son speculum à la tronche. Mais je me suis contentée de faire un petit sourire forcé et de dire une phrase intelligente genre « Hihihi vous trouvez ? » Aucune répartie la MissKangourou.

Le lendemain de l’IAC, j’ai été malade, beaucoup de fièvre pendant trois jours, grippette partagée avec le Nano. Et puis, après une deuxième partie de cycle qui aura brillé par une libido au taquet (Utropower), un épuisement maximal et des périodes d’espoir malgré tout, le test fut négatif comme attendu et J1 a débarqué sans se faire prier à J27. J’ai été surprise d’être déçue tellement je m’y attendais. Quant à Choubidou, il a dit que chez nous, c’était les IAC2 qui fonctionnent, donc même pas mal.

Bref, j’ai débuté la stim pour IAC2 tout de suite, sans pause, en respectant sagement la dose de Gonal prescrite bien que j’ai très très envie de me faire des vraies doses spécial ovaires de mamie au lieu des 62,5UI prescrites pour « ne pas forcer vos ovaires tout de suite Mme Kangourou, ça risque d’empirer l’IOP »

La colère est partie, la fièvre aussi, par contre l’espoir est toujours présent et l’envie de ce minipouce se renforce tout doucement. La peur réapparait aussi, celle de ne pas y arriver.

La première fois, en 2014, on n’y croyait pas, on nous avait annoncé le pire au vu de mes résultats de PDS. Et j’avais finalement super bien répondu à la stim, malgré mon AMH à 1,4 à l’époque. Cette fois ci, c’est donc pleine de confiance que j’avais débuté ces tentatives. Mais il semblerait que mes ovaires aient bien pris un coup de vieux..

Aujourd’hui, J12, écho de suivi de IAC2. Plein de petits follicules à droite avec un moyen à 15mm, un gros à gauche de 19mm, une MissKangourou toute fière en voyant tous ces petits œufs échographiques (qui a dit que je suis infertile ? Il y a une équipe de foot dans mon ovaire droit !). Un endomètre bien moelleux et épais comme toujours. Et la gynéco ravie (ça en devient agaçant cet optimisme) qui décrète une belle ovulation probablement en cours ou presque et une IAC dans les deux jours. Et puis la chute, les résultats de la PDS, un taux d’E2 péniblement à 100pg/ml. Bref, rien de mature dans la récolte. Que des bulles de savon vides.

Alors oui, on continue la stim, et oui ça peut grossir dans les prochains jours, et même que ça peut marcher.

Mais n’empêche qu’un taux aussi bas après 10 jours de stim, c’est pas terrible.

Finalement, ça confirme qu’on a bien fait de se lancer vite. Et qu’en effet, une AMH<1 signe une vraie IO, avec réponse de marde, et ovocytes feignasses pas très motivés pour s’allier avec les zozos de Choubidou.

Bref, Wait&See.

Ce qui rend les choses plus faciles, c’est de savoir qu’on est parents, qu’on aura eu cette chance immense dans notre vie. Contrairement à la première fois où ça nous rendait si malheureux. En plus, un petit bout de 1 an qui apprend à marcher, qui fait ses dents, qui met ses doigts dans les prises, qui fait des gros câlins, ça rend la notion du temps bien différente de la première fois…

Après, on est en début de parcours, il nous reste plein d’options, donc on garde évidemment espoir.

Cette fois ci, on ne l’a dit quasiment à personne, on garde notre secret pour nous deux. Du mal à expliquer pourquoi on ne vit pas si bien ce parcours, et pas envie de mêler nos familles de nouveau à ces instants si intimes.

On a juste choisi d’informer un couple d’ami en PMA, car on les accompagne dans leur parcours, ils se confient à nous, et on trouvait ça normal qu’ils sachent qu’on essaye de nouveau. Sans comparer nos ressentis, qui sont évidemment incomparables. Plus pour qu’ils anticipent une éventuelle annonce de notre part et qu’ils ne se sentent pas trahis si cela arrivait.

Bref, un deuxième parcours qui débute tout doucement, avec des sentiments contradictoires, de l’espoir, de la colère, de l’inquiétude, de l’ambivalence, de la tristesse. En fait, des sentiments classiques de pmette. Adoucis par notre bonheur quotidien avec Nano …

Gros gros bisous à toutes

EDIT: E2 à 134UI ce jour. Bref, taux de marde. Mais ça monte. Du coup, déclenchement demain soir, en espérant que ce taux ait encore grimpé d’ici là (pas de contrôle prévu), et IAC2 lundi. J’y crois pas des caisses, mais on y va!