Résultats, évolution IOP/AMH/CFA après grossesse

Ca y est, mes résultats sont tombés.

Juste petit rappel pour les chiffres :

Suspicion d’IOP en 2013 avec AMH 1.4ng/ml en sept2013 et 1.2 en nov 2013 – 28 ans

Mais écho comptage follicules antraux à 17 follicules, donc très rassurante (norme 12-25), et inhibine B + FSH normales.

Donc on était resté sur une IOP débutante sans en être sûre, ou infertilité inexpliquée sinon.

Contrôle à J3 mercredi dernier à 30 ans:

Echo CFA = 10 (5 de chaque côté), AMH 0.8, Inhibine B 27 (norme 45-200, ménopause à <5). FSH stable à 7, mais faussée par l’allaitement qui l’abaisse (contrairement au reste)

Donc l’IOP cette fois ci est confirmée et bien avancée. C’est bête, mais une petite partie de moi était convaincue que c’était une fausse AMH la dernière fois, et ma grossesse en IAC2 m’avait rassurée sur ma réserve. Je crois que je n’étais pas convaincue de mon infertilité malgré les deux ans d’essais et les deux FCS précoces…

Bref, c’est un peu la claque là. Mon rêve de famille nombreuse a encore pris un coup dans l’aile.

Du coup, action réaction, rdv pris en pma pour le 22 septembre avec négociation ++ auprès de la secrétaire pour accélérer les choses (délai 3-4 mois sinon).

Et remise en route de la PMA en novembre, après les examens obligatoires que nous aurons réalisés d’ici là… En attendant pas d’essais tout de suite, on se focalise sur la grosse rentrée, le taf universitaire, on se laisse deux mois, on part en vacances picoler comme des trous fin octobre, et on relance la machine juste derrière. Direct PMA, pas moyen de laisser traîner cette IOP 6 mois de plus.

Me reste plus qu’à annoncer tout cela à ma collègue, mais comme vous me l’aviez prédit, une fois les résultats en main, je ne veux pas attendre et le taf, OSEF.

C’est bête, je suis toubib et devrais voir tout cela scientifiquement, mais je m’étais dit qu’entre la grossesse et l’allaitement prolongé, ayant ovulé, genre 3 fois depuis ma dernière AMH, je pensais que ma réserve allait rester au top. Je ne comprends pas pourquoi mes ovaires font encore les difficiles alors que je leur ai filé 18 mois de vacances ces salauds.

Bref, voilà pour les tites news.

Je sais, y a plein de grossesses avec des AMH bien plus basses, même en C2, hein dropsky 😉

Mais bon, en attendant, j’ai quand même le bide de travers et la gorge nouée.

Et sinon, côté PMA …

Demain, Nano fête ses neuf mois. Comme l’a dit Zappette il y a quelques jours, neuf mois dedans, neuf mois dehors, ça fait tout drôle… Je vais pas vous écrire une nouvelle tartine de combien je suis dingue de mon petit bout, et qu’il est tout craquant et tout (et que c’est le plus beau bébé du monde, si si ! Photo de MILK pour preuve disponible à lamisskangourou@gmail.com 😉 ), vous savez déjà que tout va bien et qu’on est happy comme tout.

Bien que je sois hyper heureuse et consciente de mon immense chance d’avoir vu arriver dans notre vie ce petit rayon de soleil, je ne peux m’empêcher d’avoir plein de relents de PMAttitude. Le coup de fil d’une amie qui m’annonce sa 2e grossesse en C2 ce soir (1ère en C1). Évidemment heureuse pour elle, mais toujours ce pincement au cœur en constatant une nouvelle fois à quel point c’est facile pour certaines. Et pourtant je suis maman, je ne suis pas en période d’essais bébé. Enfin, pas encore. Ça aussi c’est compliqué.

En gros, petit rappel de notre histoire. Deux ans d’essais avec deux FCS, à 5 et 6SA. Bilan d’infertilité : AMH à 1,2ng/ml à 28 ans, écho de comptage folliculaire normale, dysovulation avec phase lutéale courte de 8-9 jours. Donc pas de diagnostic très clair, mais vu l’AMH, je suis classée IOP et RDV PMA avec annonce de quasi stérilité au préalable, argh et merci pour la psychologie. Demande d’agrément en catastrophe et orientation vers le don d’ovocytes. J’avais demandé à l’époque des examens complémentaires pour trouver une cause à cette IOP, et surtout éliminer une endométriose associée car règles extrêmement douloureuses (malaises et vomissements à J1), douleurs lors des rapports, grosse constipation pendant les règles et petits soucis urinaires. Mais ma gynéco avait dit qu’on avait perdu assez de temps, que l’objectif était d’avoir un résultat plutôt qu’un diagnostic, et écho pelvienne et HSG normales. La suite, vous la connaissez : 2 IAC plus tard, un Nano fait son nid dans mon bidon. Dans la foulée je commence le job de mes rêves enceinte, et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Sauf que … Je rêve de famille nombreuse, j’avoue. Oui, j’en rêve toujours. Au moins trois enfants. Et ce n’est pas l’arrivée de notre bout de chou qui nous a fait changer d’avis sur le sujet, bien au contraire.

Sauf que… Je ne peux pas enchaîner une 2e grossesse. Pour des raisons professionnelles.

Premièrement, je n’ai pas tout à fait fini mes études. Il me reste à valider la sur spécialisation, moyennant une année très branchée universitaire, publications obligatoires, et réalisation d’un mémoire équivalent à une nouvelle thèse de médecine. Donc plein plein de boulot, et envie de faire ça à fond pour en finir une bonne fois pour toutes. Et envie de m’impliquer à fond dans mon job un peu, car entre la grossesse, le congé mater, aucuns projets vraiment mis en place pour le moment. Et ensuite, il y a ma collègue/copine. Déjà maman d’un petit bout, obtenu après deux ans d’essais, le mois avant le rdv en PMA … Persuadée qu’elle a galéré car c’était dans la tête car c’est venu quand elle attendait le rdv PMA et qu’elle n’y croyait plus (petit bilan infertilité négatif). Qui est en essais pour le 2e depuis 5-6 mois, sans succès, mais qui ne fera pas de bilan avant 2 ans car … c’est dans la tête ! Et on a globalement reçu le conseil fortement appuyé de nos collègues de ne pas faire de bébé en même temps, car nous ne sommes pas remplacées pendant nos grossesses et arrêts maternité, et donc toutes les gardes de nuits et notre boulot revient au reste de notre équipe, alors que nous sommes déjà en sous-effectif. Donc leur boulot se transforme en cauchemar complet si on est enceintes en même temps. Et ça dure de notre 4e mois de grossesse jusqu’à notre retour. Donc si je fais un 2e avant ma collègue, alors que je rentre de congé maternité, ça va être très compliqué diplomatiquement. Sachant que c’est le job de ma vie …

Donc en gros, je voudrais attendre tranquillou 2016, valider mon diplôme sans nausées ou piquouzes, ne pas passer pour une pondeuse égoïste au boulot, et laisser un an de plus à ma copine pour essayer de faire son bb2. Parfait, tout le monde est synchro. Le seul hic, c’est cette foutue IOP qui me hante. Aurais-je encore des ovocytes dispo dans un an ? Et pour petit dernier dans 3-4 ans? Est-ce que je prends le risque d’attendre pour arranger tout le monde, moi y compris, ou je me lance dans des essais au pire moment professionnel pour tenter de donner un petit frère/sœur à mon loulou ? En prenant le risque de foirer mon mémoire et me faire détester par mes collègues qui se remettent à peine de l’hiver en sous-effectif à 10 gardes par mois que je leur ai imposé car enceinte ?

Bref, je suis toujours fâchée contre cette infertilité de marde qui m’empêche de profiter sereinement de mon bébé en attendant tranquillement que l’envie du 2e se pointe, à un moment peut être pas idéal mais au moins souhaité et pratique. Du coup, j’ai décidé de faire un petit contrôle pour voir où j’en suis deux ans plus tard.

Tout cela pour dire :

Demain, J3, et bilan complet de réserve ovarienne prescrit par moi-même : AMH, LH, FSH, Inhibine B et échographie de CFA. Donc première endochattalisation depuis mon vêlage. Juste pour savoir si il y a urgence à foirer ma carrière pour tenter de faire un petit numéro 2, ou si j’ai un sursis de quelques mois pour profiter de Nano et boucler mes obligations universitaires.

Comme dirait Titounett, ce sont des problèmes de riches, et je suis la plus heureuse du monde d’être maman. Je ne vivrai plus jamais la PMA de la même manière, et je serai forcément plus zen par rapport à la suite de nos aventures, ayant déjà eu une chance immense. Mais je reste une pmette aigrie dans un coin de mon cœur qui aimerais bien que DNLP lui fiche la paix une bonne fois pour toute. Qui rêve toujours de sa famille nombreuse et de voir ses enfants se chamailler et grandir ensembles.

Et rien que l’idée de refaire un bilan et un examen gynéco me fiche la boule au bide. Bref, pourvu que mon AMH soit remontée, que le diagnostic initial soit erroné, que je n’ai qu’une simple dysovulation ou une IOP stable. D’ailleurs depuis mon retour de couches, je n’ai plus de règles douloureuses. Je ne les sens même pas arriver, d’où des accidents de culottes couleur walking dead car cycles un peu irréguliers. Donc j’en ai déduis que si j’avais une endométriose auparavant, ma grossesse l’avait guérie (comme 30% des endométrioses légères). Que je ne suis donc plus infertile. CQFD. Je croise pour que ce raisonnement crédule devienne une réalité !

Je m’excuse d’avance si cet article parait celui d’une petite fille égocentrique et gâtée. Je ne savais juste pas à qui d’autre parler de ces craintes et réflexions…

Et sinon, bienvenue à la petite Starsky ❤ !!

Parlons peu, parlons Boobs [Tout ce que vous avez toujours voulu savoir (ou pas) sur l’allaitement] + EDIT kit mains libres

Alors ici on va parler Boobs et allaitement. Cet article n’est pas une pub pour la LLL, promis ! C’est un pavé, mais il y a tant à dire …

Cet article sur l’allaitement, je l’ai commencé à plusieurs reprises ces derniers mois mais ne l’ai jamais achevé, jamais publié, car les copinautes intéressées n’avaient finalement pas allaité, ou il y avait une vague de négatifs sur la blogo, ou au contraire une vague de positifs, et je ne trouvais pas le bon moment pour ne heurter personne. Mais en recevant quelques mails de copinautes et en lisant les articles de miliette et marivalou, j’ai finalement décidé de vous raconter un peu plus mon expérience et ce que j’ai appris sur l’allaitement depuis que j’ai Nano. En effet, sur la blogo, peu de témoignages d’allaitements « réussis » autant de temps que souhaité, sans gros désagréments, et j’avoue m’être beaucoup inquiétée avant d’accoucher car ça me semblait encore plus difficile que d’élever le Nano.

Avant d’être enceinte, je souhaitais allaiter, sans plus, jusque la reprise du travail, sans me mettre la pression si ça ne marchait pas. Je ne suis absolument pas contre les bibs, et je trouvais que mes copines allaitantes galéraient en s’acharnant pour pas grand-chose. Pour moi un allaitement normal c’était deux mois, top 6 mois, et au-delà c’était bizarre, probablement un truc de fusion mal réglée ou de plaisir maternel un peu égoïste. Bref, je n’étais pas pro allaitement. Puis je suis enfin tombée enceinte et j’ai commencé à me renseigner sur le sujet. Et à me dire que je voulais vraiment essayer. Puis que je voulais tenter le truc de fou : 6 mois d’exclusif, comme recommandé par l’OMS.

J’ai donc choisi une maternité pro allaitement, label ami des bébés, avec plein de consultantes en lactation, de cours préalables et de bons conseils en tous genres. Le meilleur conseil que m’ait donné ma sage femme, c’est de croire en moi, et de ne pas arrêter avant un mois si je souhaitais vraiment allaiter. Et de me faire ACCOMPAGNER. Par mon mari évidemment, par une amie ayant réussi son allaitement, par le réseau Allait’ Ecoute, par les consultantes en lactation, par les bénévoles. En plus il y a les groupes de soutien sur FB, les copinautes, les blogs d’allaitement. Et le site de la LLL (qui est une mine d’infos par des passionnées plus si extrêmistes !)

Bref, en 2015, être accompagnée, c’est possible, et il le faut.

Car oui l’allaitement c’est naturel, mais pas évident, sauf pour de rares personnes.

Je tiens juste à préciser que je suis extrêmement pudique et que j’ai toujours allaité avec un foulard ou une tenue spécifique et quasi jamais en publique sauf urgence boob, mais très dicrètement. Et oui, c’est possible, ce n’est pas nécessaire de déballer ses boobs dans le métro pour allaiter !

A la naissance du Nano, il a très vite pris le sein, et ça a été rapidement une évidence. Je trouvais ça top de continuer à le faire grandir malgré la rupture brutale du lien de la grossesse. Car oui, j’ai eu un Baby blues comme toutes les mamans, et le syndrome du ventre vide qui m’a bien remuée malgré mon bonheur de rencontrer enfin ce bébé si attendu. Donc ce « lien lacté » m’a clairement permis de passer ce cap plus facilement.

Les raisons pour lesquelles j’ai souhaité allaiter et continuer ? Il y en a plein, et de plus en plus. D’abord, vraiment, il ne s’agit pas que de nourrir. Il y a les tétées « j’ai la dalle », certes, mais aussi les tétées réconfort, les tétées câlins, les tétées « je sais pas dormir », les tétées coliques. Puis les tétées échange, jeux, et complicité. Et maintenant les tétées retrouvailles…

Ensuite, c’est quoi le lait maternel ? Certes, du lait, mais aussi plein d’anticorps, qui protègent le bébé dont le système immunitaire est complètement immature pendant 2 ans, et lui permettent de ne pas chopper toutes les cochonneries qui passent, surtout en collectivité, ou de mieux lutter contre. C’est fait pour ça. Du lait, mais avec des goûts différents tous les jours, une exposition à plein d’allergènes et de protéines issus de l’alimentation de la maman. Du lait parfaitement adapté à ce bébé là, à ses petits intestins, à son âge, qui évolue avec l’âge du loulou pendant 3 ans ! La deuxième année, il est en effet plus gras et plus chargé en immunoglobulines car l’enfant tète moins et a une activité motrice de folie. Donc ce n’est absolument pas réservé aux nouveaux nés, c’est top aussi bien après.

Après, il y a tous les avantages au long cours, moins d’obésité, de maladies cardiovasculaires, de diabète, d’allergies. Bizarrement le seul de mes trois frères qui n’a pas du tout été allaité est également le seul à avoir plein d’allergies. C’est pas très scientifique mais ma mère est convaincue que ça a un lien, et moi aussi j’avoue.

Et puis les avantages maternels qui sont en fait nombreux. Le cancer du sein, la perte de poids plus rapide et qui perdure, et surtout le SuperSommeil. C’est celui dont parle si bien marivalou. C’est fou le sommeil d’une mère qui allaite. C’est démontré scientifiquement : sommeil ultra réparateur et complètement vigile à la fois. On dort une demi heure et on est réveillée au moindre chouinement, mais on est plus reposée que le papa qui s’est réveillé deux fois sur la nuit. Oui, c’est crevant les bébés, mais avec le SuperSommeil, bizarrement, on tient le coup. Et si on continue d’allaiter quand le petit fait ses nuits et qu’on garde donc ce sommeil, on pète la forme littéralement. Et ça c’est top ! Je suis moins crevée globalement avec un Nano que sans enfants il y a deux ans, malgré les gardes et les mauvaises nuits. A ma mater, ils encouragent le cododo uniquement pour les allaitantes, car aucun risque d’écraser le bébé du coup grâce à ce sommeil. En pratique, je n’ai jamais dormi avec mon bébé dans mon lit, trop peur quand même, mais c’est quand même un truc impressionnant je trouve. Et à chaque tétée, on se prend un shoot d’endorphines qui nous fait nous rendormir hyper vite contrairement au papa. Alors au début on a l’impression d’être crevée tout le temps avec ces endorphines, mais après ça va bien mieux quand ça se régule.

Bref, voilà pour les raisons principales qui m’ont fait allaiter et m’accrocher malgré les difficultés.

Alors, en pratique, ça donne quoi ?

  • Les débuts

Les débuts de l’allaitement c’est franchement pas évident. Bébé ne sait pas téter, on est crevée et chamboulée. D’où l’importance encore une fois de la maternité qui soutient l’allaitement. Car il y a plein de choses normales que je ne connaissais pas.

Ce qui est normal : Que le bébé ne fasse quasi que téter pendant le premier mois. C’est son réflexe n°1, ça permet de mettre en place la lactation correctement, car plus le bébé tète, plus il y a de lait. Donc il faut vraiment allaiter à la demande, et même aux signes d’éveil. La BM qui vous parle de rythmer les repas et de ne pas le laisser prendre des mauvaises habitudes n’y connait rien. Il est normal aussi que par moments on ait l’impression de ne plus avoir assez de lait, ce sont les pics de croissance, au cours desquels le bébé tète davantage, nuit comprise. Il y a en a un premier très rapidement, à 7-10 jours, puis à 3 semaines, 6, 9, 12 semaines puis tous les trois mois environ (variable selon les petits évidemment). Ces pics de croissance servent à augmenter la production de lait de la maman, et aussi à envoyer un signal « changement de catégorie » pour que le lait s’adapte à l’âge de l’enfant. En gros on passe en 2e âge :- ) . L’immense majorité des arrêts d’allaitement par manque de lait sont liés à la méconnaissance de ces pics de croissance. En général, après 48-72h de tétées à volonté, on a à nouveau plein de lait et le bébé est repu. Souvent, ils font des pics avant une grosse acquisition, ce sont des petites phases de régression pour mieux avancer. Donc tout à fait normal et à respecter. Autre truc normal, que le bébé perde du poids au début et ne le récupère pas tout de suite, ça se surveille mais aucune nécessité de compléments dans la majorité des cas. Et qu’ils soient un peu en dessous des courbes (faites avec des bébés au biberon). Tant qu’ils prennent du poids, mouillent les couches et évoluent bien, pas de soucis ! Le gros pb de l’allaitement en France, c’est qu’on veut l’intellectualiser et le contrôler, alors que c’est un truc animal qui fonctionne au feeling très bien ! En Afrique, les bébés tètent parfois 2 fois par heure, on ne compte pas, et ça marche très bien.

Après, c’est bien beau les bébés branchés au sein, mais y a les crevasses. Ca j’en ai eu plein, mais vraiment plein. On dit que l’allaitement ne fait pas mal, mais pour certaines si ça fait mal, voire très mal. C’est le seul truc qui a bien failli me faire arrêter quand chaque tétée devenait une séance de torture. Pour les crevasses, quelques petites solutions : La Lansinoh après chaque tétée, les compresses de lait maternel, pour les plus coriaces l’homéoplasmine et la Cicalfate. Et si ça ne guérit toujours pas, évoquer la candidose mammaire, surtout si on est sujette aux mycoses ou que le bébé a du muguet. Ce sont les antifongiques qui ont sauvé mon allaitement, une petite cure de Trif%lucan régulièrement et Bye Bye les crevasses inguérissables. Globalement, les crevasses disparaissent ou presque après 2 mois. Et puis si ça fait trop mal, les bouts de sein en silicone, n’en déplaise à la LLL, ça marche drôlement bien pour passer un cap. Et la tétine pour espacer un peu quand on a besoin d’un break, je vote pour !

Ici, j’ai été bien aidée par les forums d’aide à l’allaitement et le réseau Allait’Ecoute qui m’a donné des bons conseils.

L’autre truc que j’ai découvert, c’est le réflexe d’éjection fort ou REF. En gros, le bébé tète un peu, puis se prend un karcher dans la bouche, et du coup arrête très vite, et n’avale que du lait de début de tétée peu calorique et riche en lactose. Donc coliques douloureuses et faim très rapidement, et cercle vicieux. Dans ce cas, pareil, des petits moyens rendent la vie plus facile, allaiter allongée, espacer un petit peu les tétées, voire déclencher son réflexe d’éjection avant de brancher le bébé. Appeler la consultante en lactation… Et ça se régule vite après deux mois car le petit bout sait mieux gérer tout ça.

Bref, les débuts de l’allaitement ne sont pas toujours évidents. Mais ça en vaut la peine, si si !

Parce qu’après, franchement, c’est que du bonheur. Ça ne fait plus mal, le bonhomme pousse super bien, les tétées deviennent un vrai moment intime de complicité et il ne choppe pas la moitié des maladies infantiles qu’attrapent les bébés au bib (zéro gastro/bronchiolite/autre cet hiver, même en crèche, juste un ou deux mini rhumes en 9 mois).

Et surtout, c’est un truc de paresseuse mal organisée. Rien à préparer, rien à laver, on peut aller n’importe où en dernière minute, dormir sur place si c’était pas prévu, partir en balade au milieu de nulle part, pas de chauffe biberon versus bain marie, pas de panne de lait en poudre, le bonheur pour une glandeuse comme moi !

  • La reprise du boulot

Comme toutes les bonnes choses ont une fin, à peine l’allaitement mis en place sans douleurs ou REF gênant, il a fallu penser à retourner au boulot. En bonne mère culpabilisante d’abandonner son tout petit, il était hors de question qu’il passe un hiver sous kiné respi pour les bronchiolites de la crèche ou qu’il choppe surtout une salop%µrie de mon hosto juste parce que je n’avais pas su continuer à l’allaiter. Je pense que c’était ma façon de me déculpabiliser un peu de bosser, j’avais l’impression de le mettre dans un endroit hostile rempli de méchants microbes à cause de mon choix de carrière. Oui, c’est stupide, mais c’est comme ça que je l’ai vécu. Du coup organisation pour le tire allaitement, mise en place à anticiper, mais carrément faisable si c’est une priorité pour vous de continuer. En quelques mots si je ne vous ai pas toutes perdues, on va parler technique :

Tire lait double pompage électrique marque Medela, les meilleurs, Symphony si possible, la Rolls des tirelaits, très doux, silencieux et indolore. J’ai testé le Lactaline d’Ameda, bien mais moins efficace. J’ai aussi le petit Medela swing à la maison et pour les déplacements, pas mal mais lent et bruyant. J’avais testé le Avent manuel, une cata, ça ma fait plus mal qu’autre chose. Donc bien choisir son tire lait. L’idéal c’est de le laisser au boulot.

J’ai la chance d’avoir mon bureau, que je partage avec une collègue qui a allaité 7 mois, et ça simplifie les choses. Pour le praticopratique, c’est simple. Le lait est antiseptique naturel, pas besoin de nettoyer ou stériliser le matos après chaque tirage, une fois par 24h ça suffit. Aucun cas décrit d’intoxication alimentaire au LM, jamais, c’est tout propre et ça se conserve bien mieux que tous les autres aliments. Pour la conservation au taf, un frigo c’est top, mais un sac isotherme avec un pack de glace ça suffit aussi pour 12h. Donc on vient avec son matos, on tire une ou deux fois par jour, on garde les bibs dans le sac isotherme, on rentre, on nettoie rapido, et c’est tout bon ! Et la loi est en faveur, deux fois 30 minutes par jour jusqu’aux un an du bébé.

Ici, le seul gros hic qu’on ait eu, c’est que le Nano a bien kiffé les bibs Avent, et n’a plus su téter car il pinçait mes boobs comme une tétine. Donc changement de tétine par une Calma de Medela (non je ne suis pas une sponsor de Medela, mais c’est vraiment Ze marque qui bosse pour l’allaitement maternel, tout le reste n’est que Marketing). Cette tétine demande un petit apprentissage pour le bébé, mais c’est exactement comme de téter le sein, donc après, il passe de l’un à l’autre sans soucis. Vraiment Ze tétine à recommander pour du mixte si confusion sein tétine. Sinon il parait que les MAM sont bien aussi, ou les Lansinoh. L’avantage de Medela, c’est que tu branches les bibs sur le tire lait sans modification de récipient, donc gros gain de temps.

Alors voilà, un peu d’organisation c’est sûr, mais très rapidement le rythme se prend bien, et quelle fierté de continuer l’allaitement exclusif et de voir le bonhomme pousser sans attraper de marde à la crèche quand c’est possible. Et les tétées de retrouvaille sont top ❤

Après, il y a des mamans qui arrivent à maintenir leur lactation avec un allaitement mixte, et c’est top aussi, probablement moins prise de tête, à condition que leur lactation tienne. Pas possible ici dans un premier temps, car lactation très limite et sensible aux diminutions du nombre de tétées. Car il y a aussi les baisses de lactation dont je n’ai pas encore parlé…

  • Après 6 mois

J’ai découvert les grosses chutes de lactation assez vite après ma reprise. Elles sont liées à la diminution du nombre de tétées (avec mon serial téteur, passer de 8 par jour à 4-5, tirages compris, c’était brutal). Ou à d’autres facteurs : oubli de tire lait ou manque de temps, diversification, nuits complètes, grosse fatigue et retour de couches (ou tout en même temps, vécu). Dans ces cas là, on a assez vite plus de lait ou presque, un bébé qui s’énerve au sein, et c’est frustrant et angoissant car ça peut induire un sevrage brutal non désiré de part et d’autre.

Pas mal de solutions dans ces cas là : Évidemment mettre le bébé au sein le plus possible (pas toujours évident avec le boulot), surtout le weekend, pour relancer la machine. Éventuellement une petite aide par la nourriture : Lentilles, Bière sans alcool, Ovomaltine, Tisanes d’allaitement à fond, Levure de bière. Si ça ne fonctionne pas, une petite cure de Fenugrec en gélules Arko, ça marche super bien, à grosses doses (4g par jour). Et le bébé adore car ça rend le lait sucré (par contre on sent bizarre, mais c’est pour la bonne cause et ça dure pas longtemps).

Et puis un jour, on se rend compte que la lactation est super bien installée, qu’on n’a plus mal, qu’on n’a plus de fuites, que on peut donner deux tétées ou trois par jour sans se prendre la tête avec le tire lait. Et que ça reste juste ultra pratique, adapté au bébé, qui n’est toujours pas malade, et que c’est un lien très spécial entre nous. Idéal quand bobo, dents qui poussent et qui font mal, stress de séparation du soir, envie de câlins.

Aujourd’hui, ça fait bientôt 9 mois que j’allaite mon Nano, qui est totalement diversifié, adore manger de tout, mais adore aussi téter sa maman. On arrêtera quand on sera prêts tous les deux, mais je pense aller au sevrage naturel, et je rêve de continuer 18 mois jusque l’été prochain. Qui l’eut cru ? Et ceci grâce à un accompagnement par mes amies, associations, et consultantes et lactation. Et surtout, surtout, grâce à l’accompagnement de Choubidou, qui trouve cela génial, beau, et naturel, et qui m’a ramené le Nano à chaque garde pendant plusieurs mois, et qui lui donne le bib avec plaisir en gérant le stock au congélo quand je ne suis pas là. C’est notre allaitement, notre projet de couple.

Et je suis maintenant référente lactation au boulot, j’aide les jeunes mamans qui sont hospitalisées en réa à mettre en place leur allaitement malgré la séparation avec le bébé. Et ça, c’est génial !

Au fait, dernier détail, un truc qui m’embêtait vraiment, c’est l’interdiction de boire pendant l’allaitement. Bon, clairement au début c’est pas le moment, en même temps on n’a pas trop la tête à ça, mais après, un peu d’alcool occasionnel n’a aucune conséquences sur le bébé. Et quand il grandit et fait ses nuits, c’est reparti pour les open bars! Avec au pire un bib de lait tiré si faim imprévue du bébé et maman bourrée. Voilà pour l’argument qui était un de mes principaux (non je ne suis pas une alcoolique, mais j’aime bien faire un peu la fête, et les jus de fruits ça suffit 😉 )

Bref, voilà pour le pavé « vécu et conseils » que je devais écrire depuis des mois. Surtout n’hésitez pas pour plus de détails à me mailer à lamisskangourou@gmail.com, je serais ravie de vous aider comme moi j’ai été aidée !

EDIT: j’avais oublié, pour le tirage au taf’, l’élément indispensable, le fameux kit main libre ou bandeau de tire lait. OU comment bien laisser tourner le tire lait une demi heure l’air de rien en surfant sur la blogo bossant

La guerre des mères …

Depuis que Nano est arrivé dans nos vies, j’ai eu la chance de rentrer dans ce monde privilégié et très fermé des parents et plus particulièrement des mamans. Ce monde doré que je regardais avec envie de loin auparavant, parfois avec incompréhension. Celui où les gens te disent « faites des gosses », « c’est que du bonheur tu sais, enfin,  tu peux pas comprendre tant que t’as pas vécu ça» « je suis tellement déçue d’attendre encore un garçon, va falloir que je fasse un petit 4ème »; ce monde où les beuveries  soirées entre amis se transforment en soirées diversification, marque de transat, et comparaison des développements psychomoteurs des marmots (bien peu intéressés par tout cela). Ce monde des grandes personnes.

Après quelques mois dans ce monde, je n’y trouve toujours pas ma place. Car oui, je suis la maman de mon Nano, mais moi qui pensais bêtement qu’il suffisait d’avoir un bébé pour rentrer dans le monde des parents, j’avais sous estimé la tâche. En effet, ma première grande découverte en entrant dans ce monde, c’est qu’il  est divisé en deux camps, qui se font la guerre. Et il faut choisir un camp, pour avoir au moins une partie de la populace de son côté, sinon on se fait mitrailler par les deux ! J’ai donc découvert que chez les mamans, s’opposent la catégorie A « Maman proximale » et le camp B « Maman indignedépendante ». Quésako ?

D’abord la catégorie A : La maman proximale a choisi d’être complètement à l’écoute de son enfant, de ses besoins, en fonction de son évolution physiologique et psychomotrice, le tout en respectant la nature. Le package de la catégorie A : Accouchement sans péri, Allaitement long, à la demande, Portage physiologique plusieurs heures par jour, Cododo prolongé, ne pas laisser pleurer bébé, surtout pas de tétine, couches lavables, minimum de vaccins et surtout arrêt de toute activité professionnelle pour ne se consacrer qu’à son bébé, pédagogie Montessori et langage des signes avec bébé.

La catégorie B, c’est un peu tout le contraire : Accouchement médicalisé, séparation précoce avec nuit en nurserie et bébé dans sa chambre dès le retour de la maternité, Tétine&Biberon, heures fixes des repas, couches jetables, et reprise du boulot prenant 10 semaines plus tard grand max, pédagogie classique et crèche à temps plein.

Alors comment fait on quand on est une maman qui bosse (et qui kiffe son boulot), tout en allaitant un peu longtemps (8 mois) un bébé vacciné qui déteste le portage physio (malgré l’essai de trois écharpes et Manduca à de multiples reprises) mais s’endort dans les porte bébés pas du tout physiologiques en 5 minutes. Le même bébé ayant dormi 6 mois avec nous (avec une tétine) parce que c’était le seul moyen qu’on dorme bien tous les trois, qu’on n’a jamais laissé pleurer parce que ça me déchire les tripes au bout de 30 secondes. A qui on tente d’apprendre quelques signes pour mieux communiquer. Entre deux gardes de 24h. Euh …

Ben on s’en prend plein la tronche de tous les côtés ! 🙂

Par les A, qui regardent avec dédain et pitié notre loulou dans son beau porte bébé de rando alors que leur petit dort dans le Manduca en position physio (vécu hier !). Par ces mêmes A qui me disent que j’aurais du prendre un congé parental, car rien de mieux que sa maman pour un bébé (Va dire ça à mon boss et mes collègues qui ont passé l’hiver à faire ma part du boulot pendant mon congé mat’, gardes de nuit comprises). Mais qu’en même temps, vu mon choix de carrière, clairement, c’est incompatible avec une vie de famille. D’ailleurs, on devrait hystérectomiser les filles qui font des boulots prenants, ça résoudrait bien des problèmes.

Si si, ces mots là sont sortis de la bouche de tantes, « amies », et ça fait pas du bien, surtout quand on fait de son mieux pour tout concilier. Ici, on est assez convaincu par le package A (en partie), mais on pense aussi que 12 ans d’étude, c’est pas pour devenir mère au foyer à temps plein, déconnecter du milieu scientifique, et ne plus jamais retrouver de job dans ce secteur si compétitif. Et en plus je déteste le ménage.

Puis vient la troupe des B, les copines indépendantes qui ont câlé leur bébé dès la naissance, 4 bibs par jour et obtention des nuits complètes à 1 mois (avec coupure du babyphone et fermeture de quelques portes 🙂 ), qui nous prennent pour des hippies parce que j’allaite toujours (moi je les aime bien les hippies!), qui nous regardent de travers quand notre fils commence sa nuit à 18h après une grosse journée à la crèche et qu’on refuse de le réveiller à 20h pour « le rythmer », et qui nous expliquent qu’il serait temps qu’on coupe le cordon. Oui oui, couper le cordon avec son bébé de 8 mois, vous avez bien entendu. Et qu’il faudrait aussi qu’on le câle avec des coussins pour lui apprendre à tenir assis car à 8 mois, il n’aurait pas du retard ce petit Nano (qui préfère jouer avec ses petits doigts et raconter que de gambader)?

Les enfants de tous ces copains, proches, et autres, ne vont pas mal, bien au contraire. C’est donc bien que toutes ces mamans, si différentes, font bien leur job de maman, et qu’elles sont les meilleures mamans pour leurs petits à elles, ces enfants avec leurs particularités, leurs caractères, leurs besoins.

Finalement, quand on n’était pas parents, on participait pas trop et on respectait leurs façons de faire, car on n’y connaissait rien, et maintenant, en fait, on réalise que ça ne nous intéresse pas trop de savoir que Machine laisse pleurer et que Trucmuche est un monstre car elle a porté son petit dans un BabyBjorg alors que la Storch, y a que ça de vrai.

Du coup, ce joli monde de parents qui se font la guerre, maintenant on l’ignore, on arrête de se justifier, et on fait à notre mode ! Retour à la case départ, on est de nouveaux les gens qui refusent les discussions de parents, surtout ceux « qui font tout mieux que les autres parce que mon gosse il a fait ses nuits à une semaine » et les comparaisons de méthodes, techniques, bébés… Argh, ils ont toute la vie pour découvrir le monde compétitif et les classements non ? N’empêche, la technique du hochement de tête avec le petit sourire « cause toujours tu m’intéresses », ça marche plutôt pas mal comme réponse aux petites phrases qui piquent et regards lourds de sous entendus.

Bref, maintenant je suis maman, mais je ne suis toujours pas à ma place dans le fameux monde des parents. Et c’est tant mieux, parce que les grandes personnes sérieuses, c’est franchement pas drôle. Je préfère de très loin papoter avec mes potes pmettes-mecs (de plus en plus nombreux, ça fait peur)/célib/sans enfants/baroudeurs, ou simplement ceux qui ont fait le choix de ne pas juger… et il y en a peu (mais on les kiffe !).

Sinon pour les petites news rapido, on finit nos premières vacances tous les trois et on en profite bien, c’est très chouette !! On est partis sur une île peu connue des Canaries, c’est super joli, dépaysant, volcanique et luxuriant, on adore. On réalise aussi ce qu’on ne peut plus faire avec un Nano, et on s’adapte le mieux possible aux siestes, repas, et aux envies de notre petit bonhomme. Envies très claires : Jouer à la mer, debout dans les bras de Papa à taper sur les vagues avec les yeux qui brillent et les éclats de rires qui vont avec, goûter les fruits colorés que ramènent les parents, balader sur le dos de Papa en sommeillant tranquillou dans les descentes (pas les montées), téter à volonté comme un tout petit bébé en plein pic de croissance et surtout, surtout, jouer avec les pinces à linge sur la terrasse du gîte et les aimants sur le frigo. Tout un programme !

Bref, tout va bien, on déconnecte un peu de notre petite vie surchargée, et c’est bien agréable !

Tout en pensant aux copinautes qui publient moins ces jours ci, et qui souffrent d’un énième échec si injuste, d’une attente si longue, voire d’un deuil si douloureux. Des gros gros bisous à vous. Je vous lis tous les jours et espère toujours très très fort pour vous.