Je suis Charlie ….

J’ai longtemps cherché les mots pour exprimer ce que je ressens en ces jours si tristes…
Etant en congé mater’, avec comme occupation principale de ces derniers jours la lecture des réseaux sociaux, articles, blogs et surtout multiples commentaires (activité me permettant de garder mon petit crampon en convalescence dans l’autre bras), j’ai été à la fois émue, attristée, choquée, et pleine d’espoir de voir les réactions que suscite ce drame. Inquiète des réactions de haine et de l’amalgame fait par certains. Choquée des réactions de joie et d’admiration, ou juste de compréhension vis à vis des terroristes d’autres. Heureuse aussi de voir que les français, dans leur majorité, ne restent pas insensibles et savent s’unir en dépit de leurs différences quand un symbole si fort que Charlie est attaqué.

Mardi soir, nous regardions le JT avec Choubidou, sur France 2, et avons été complètement dégoûtés par le nouveau reportage présenté par Puj*adas sur les médecins en grève contre le tiers payant généralisé. Le sujet n’est pas là, mais ce reportage diffusé à une heure de grande écoute était tout simplement une propagande anti médecins,  mensongère, présentant des nantis engraissés par les labos, gagnant des salaires mirobolants, voyageant aux frais des contribuables… Et rien sur les causes réelles de cette grève qui est pourtant si justifiée et importante. De la propagande démagogique digne des plus grandes dictatures.

Bref, nous nous sommes encore une fois interrogés sur la liberté d’expression dans notre pays, quand on voit une fois de plus l’information déformée par les principaux médias. On a eu une longue conversation à ce sujet, sur le fait qu’il est quasi impossible aujourd’hui de lire une presse indépendante, et que les chaînes d’état sont tellement liées au gouvernement que ça en devient effrayant par moment. Seuls quelques rares journaux peuvent se permettre de s’autofinancer et se garantir leur liberté d’expression. Charlie Hebdo faisait partie de ces journaux.

Sans être d’accord avec les idées des principaux dessinateurs, ayant parfois été agacée par des couvertures, notamment sur la PMA et la GPA, j’avais un profond respect pour ces personnes si libres, prêts à mourir pour cette liberté de pensée, d’humour et d’expression. Ces grands hommes étaient les dignes descendants de la résistance française et de ces héros prêts à mourir pour les valeurs de la république. Ils n’avaient rien à voir avec le journalisme édulcoré qui est pourtant le plus représenté actuellement…

En France, quand on regarde le JT, on n’y voit que les informations qui vont bien, particulièrement en période de fête. Les grèves et manifestations un peu gênantes sont caricaturées, ou pire, ignorées. Mais ce qui me choque toujours le plus c’est l’absence totale d’information sur l’actualité internationale, notamment sur les conflits meurtriers qui font actuellement rage en Afrique et au Moyen Orient, les nouveaux et les « anciens » comme la Syrie, les dictatures qu’on laisse agir, les épidémies dont on ne sort pas, la famine toujours aussi présente. Certes, le JT n’a pas vocation à mettre le moral de tout le monde à zéro chaque soir, mais est-ce normal que ces sujets soient complètement ignorés au profit des fabriques de jouets en bois du fin fond de la Creuse et de la production de foie gras pour Noël?

Pour en revenir au 7 janvier, je ne veux pas écrire des pages sur les sentiments d’horreur ressentis après le drame de mercredi, juste dire quelques mots… On se souviendra tous de ce moment. Je revenais d’une balade avec Nano et ma mère près d’un lac gelé, sous un soleil lumineux d’hiver. Je me sentais plus légère et heureuse après une période de grande inquiétude liée à l’intervention de mon bonhomme et ses suites opératoires un peu difficiles, et cette lumière que j’avais dans le cœur s’est éteinte brutalement. Je n’oublierai jamais ce 7 janvier 2015. Une partie de notre insouciance « résiduelle » est partie avec ces 12 victimes de l’extrémisme…

J’espère juste que si la France est encore capable, comme je le vois avec émotion, de se soulever et se révolter pour cette liberté d’expression et pour cette tragédie, qu’elle le sera aussi pour les autres massacres, barbaries et atrocités qui font malheureusement le quotidien de beaucoup d’autres êtres humains. Parce que ce n’est que trop rarement le cas, le mariage contre tous étant tellement plus important que la république centrafricaine par exemple… J’espère aussi que nous aurons un jour accès à cette actualité sans les œillères que les grands médias nationaux nous mettent pour le moment, afin que la solidarité et l’humanisme présent dans notre pays ait l’occasion de s’exprimer.

Ce billet part un peu dans tous les sens, mais cette question de liberté d’expression est trop importante, et est déjà tellement bafouée de façon hypocrite et silencieuse, qu’il faut à tout prix que ce drame permette une prise de conscience de tous. Je doute que ce soit le cas malheureusement. L’avenir nous le dira.
Respect à ces héros de la liberté…

Je vous joins un lien vers ces superbes textes d’Agnès Ledig, ici et , qui dit bien mieux que moi ce que je ressens en ce jour. De l’espoir. Bises à toutes et tous,
Une Charlie parmi tant d’autres ❤

Et histoire de sourire un peu …

 

 

Merci ……

Lundi soir, après une après midi dont les minutes nous ont semblé des heures, notre bébé kangourou est revenu dans sa chambre. Il est revenu tout gonflé d’œdème et à moitié anesthésié, et ne s’éveillait que pour pleurer avec sa voix toute cassée par l’intubation. La première nuit a été difficile, il souffrait beaucoup, geignait et ne s’éveillait pas vraiment sauf quand on le séparait de moi. Je me suis installée dans le fauteuil, l’ai mis contre ma peau et l’ai entouré de toute la douceur que j’avais en stock. L’équipe a été chouette, ne m’a rien dit pour le cododo, et m’a donné un coussin d’allaitement pour bien le caler contre moi. Les multiples visites, changes de couche pour peser le pipi et autres prises de température ont rendu la nuit épuisante pour nous deux, mais j’étais tellement soulagée d’avoir retrouvé mon petit que rien n’avait d’importance.
Mardi, la journée a été difficile aussi, car il a recommencé à vomir énormément, toutes les heures, et j’ai eu très peur que l’intervention soit un échec. En plus, le pauvre loulou était bien éveillé cette fois ci, mourait de faim, et ne comprenait pas pourquoi je ne lui donnais pas le sein. J’ai eu l’impression d’être un gâteau au chocolat interdit et le voir affamé, triste et frustré devoir se résigner à être privé de mes boobs, c’était aussi dur que les douleurs et vomissements. Culpabilisation et frustration au max.
Par chance, le service était vraiment chouette, toute l’équipe a craqué sur sa petite bouille, la puéricultrice qui s’est occupée de lui était la belle sœur de SuperFertile, et tout ce petit monde nous a bien entouré et rassuré.
Cette nuit là, il s’est endormi avec des chansons douces et petits massages, et a fait une vraie nuit de 5h, en vomissant un peu moins.
Et depuis hier, il semblerait qu’il ait arrêté de vomir. La perfusion a été diminuée de moitié, j’ai à nouveau le droit de l’allaiter un peu, et il retrouve le sourire tout doucement. On croise les doigts pour que ça dure et qu’on puisse sortir en fin de semaine. En tous cas il ne souffre plus et ça, ça n’a pas de prix.
J’ai commencé à tirer mon lait dés l’arrivée en pédiatrie, je ne l’avais jamais fait et me suis concentrée pendant ces trois jours sur cette activité peu ragoutante. Sans être une pro allaitement extrémiste, j’aime allaiter mon petit, ai la chance de ne pas avoir connu trop de galères (j’en parlerai un de ces 4), et c’était pour moi quasi vital de ne pas foirer ma lactation au moment où Nano aurait le plus besoin de mes anticorps et du lait maternel pour guérir ses petits intestins en douceur et se remettre de l’intervention… Du coup j’ai tellement tiré mon lait que maintenant je suis limite engorgée mais au moins ça m’a permis de voir que même en condition de grand stress je pouvais tirer efficacement sans que cela ne me prenne trop de temps et sans douleurs, ce qui me rassure pour ma reprise du travail le mois prochain… Et j’avais l’impression de faire quelque chose pour lui et d’être un tout petit peu moins impuissante. Bref, voilà pour la minute Leche League 😉
Pour notre réveillon, on s’est fait livrer une caisse de sushis (VG pour moi bien sûr), car le plateau de l’hosto un soir de fête, no way, même quand je suis de garde à Noël j’ai jamais voulu !
C’est la première fois que nous passons le Nouvel An tous les 2 (Nano étant profondément endormi lors des 12 coups de minuit)… L’an dernier, on s’était serré fort en espérant que 2014 nous apporterait notre petit bout tant désiré. Cette année, nous sommes les plus chanceux du monde et sommes tellement heureux de débuter 2015 à trois, peu importe l’endroit.
On espère démarrer l’année avec un Nano tout guéri, et oublier très vite cette épreuve. Sur les conseils de Cé, on ira consulter un microkiné pour évacuer toutes les petites tensions liées à ce traumatisme qu’on ne veut pas qu’il garde en lui. En attendant, on le couvre de câlins et on tente de recréer une petite bulle de douceur en espérant qu’il y reste protégé plus longtemps cette fois ci. On réalise encore plus qu’avant notre chance de l’avoir près de nous, si c’était possible…
Je voulais vous remercier de votre soutien inconditionnel et tellement adorable depuis la création de ce blog, et notamment lundi dernier. Vos petits mots m’ont permis de surmonter cette longue attente angoissante avec le sourire (ou presque), m’ont touchée, mis les larmes aux yeux, rassurée …
Cette blogosphère m’aura apporté un soutien incroyable, je ne pensais pas y trouver de si jolies personnes…
Je vous souhaite une belle année 2015 pleine de douceur et d’amour, que DNLP parte faire un stage sur la Lune et vous laisse vivre votre putain de belle histoire comme dirait une blogueuse qui m’est chère. J’ai des pensées pour chacun et chacune d’entre vous. Pour les copinautes dont le vœu le plus cher est sur le point de se réaliser, et pour les autres, qui attendent toujours leur place dans le train du bonheur… depuis si longtemps… Pour celles qui ont quitté le quai, épuisées d’avoir tant attendu pour rien, et se dirigent sur un nouveau chemin avec force et courage…
Vous êtes toutes des papas et mamans de cœur depuis bien longtemps.
Que 2015 vous apporte la sérénité et le bonheur..
Merci d’être vous ❤
Plein de bisous